Le Syndicat mixte de la ressource en eau en Gironde prépare l'exploitation d'un nouveau champ captant dans le Médoc, qui viendra alimenter en eau la métropole de Bordeaux, l'Entre-Deux-Mers, La Brède et Saint-Selve. Un projet colossal de 60 millions d'euros qui doit voir le jour d'ici à 2021-2023. Explications.

Pourquoi un nouveau champ captant ? Parce que les 400 points de captage du département sont principalement concentrés sur l'agglomération de Bordeaux et sur l'axe Dordogne-Garonne, ce qui provoque une situation de surexploitation des nappes souterraines dans ce périmètre. « La Gironde bénéficie de ressources en eau d'excellente qualité, avec 97 % de l'eau du robinet provenant de nappes souterraines, contre 60 % en moyenne au niveau national. Mais ces 50 dernières années, nous sommes allés à la facilité en installant les forages dans les zones d'habitat. Ce que les nappes d'eau ne supportent plus » explique Bruno de Grissac, directeur du Smegreg (Syndicat mixte d'étud eet de gestion de la ressource en eau du département de la Gironde).

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Pourquoi installer un nouveau champ captant dans le Médoc ? Parce que les nappes concernées par ce champ captant des Landes du Médoc, sur les communes de Sainte-Hélène, Saumos et Le Temple, ne sont, elles, pas surexploitées, et sont de surcroît situées à proximité du réseau d'eau déjà existant de la métropole de Bordeaux, et donc facilement raccordables. « Or, ce qui coûte cher dans l'eau, c'est le transport et la construction de nouveaux tuyaux » indique Bruno de Grissac.

Que va alimenter ce champ des Landes du Médoc ? Il est prévu d'exploiter 10 millions de mètres cubes d'eau par an depuis ce nouveau champ, pour alimenter la métropole de Bordeaux, l'Entre-Deux-Mers, La Brède et Saint-Selve. En échange, l'ensemble des communes concernées devra diminuer d'autant sa consommation d'eau en provenance des nappes d'eau déjà exploitées. Le département de la Gironde consomme chaque année 150 millions de mètres cube d'eau, dont 120 millions pour notre alimentation en eau potable.

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Quels risques avec ce nouveau champ captant ? Ce sont surtout les sylviculteurs qui s'inquiètent, craignant un abaissement des nappes d'eau de surface, qui alimentent les pins des Landes du Médoc. « Nos forages se situeront eux à 200 m de profondeur, et l'inquiétude des sylviculteurs est compréhensible, estime Bruno de Grissac. Mais les dernières données dont nous disposons montrent que les conséquences sur les nappes de surface seraient quasiment nulles. Il y aura une étude d'impact réalisée d'ici à deux ou trois ans qui répondra à cette question. Ensuite ce sera l'enquête publique, avant l'exploitation prévue d'ici à 2021-2023. »

Y'aura-t-il une conséquence sur le prix de l'eau ? Oui, mais elle devrait limitée. « De l'ordre de quelque % » estime Bruno de Grissac. « Nous examinons la mise en place d'une tarification qui concernera l'ensemble des Girondins, dans le cadre de la solidarité économique sur ce projet, pour que l'effort financier soit le moins douloureux pour le consommateur. » Le coût du projet est estimé à 60 millions d'euros, financé principalement par l'Agence de l'eau Adour-Garonne, le département de la Gironde et la métropole qui sera maître d'ouvrage.

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D'autres projets de champ captant sont-ils à l'étude ? Oui. « Dès que celui des Landes du Médoc sera en service, il faudra s'atteler dans la foulée à un autre projet, sans doute dans le sud de la Gironde, où l'on est en train d'étudier un site au fort potentiel dans le périmètre Saint-Magne-Landiras-Villandraut, qui pourrait s'avérer être le « château d'eau » de la Gironde. »