Switch OFF (le passage au tout numérique), Euro de Football, J.O. de Rio… le marché des ventes de téléviseurs a explosé l’an passé en France. Avec 6.5 millions de « postes » vendus en 2016 selon le Gfk (soit des achats en hausse de + 30 %), notre bonne vieille lucarne a renoué avec le succès des années fastes, comme avec celles du passage du cathodique à l’écran plat. Fin de la récré. Le marché devrait retrouver cette année des chiffres de vente plus modestes : 5.3 millions d’écrans plats selon le Gfk.

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« L’année 2016 était exceptionnelle. En 2017, on va perdre les 5 % de ventes additionnelles qu’apporte une année paire avec un événement sportif comme l’Euro. On va revenir sur un marché de renouvellement », pronostique François Caroff, Directeur marketing Philips TV.

Actuellement en rayons, trois technos cohabitent derrière nos TV : LED, OLED, et désormais QLED. Ne zappez pas, « 20 Minutes » vous indique comment les différencier.

LED : les LCD de Monsieur et Madame Tout-le-Monde

Plus plats que les plats. Apparus il y a déjà de nombreuses années, les téléviseurs LED ne sont autres que des téléviseurs LCD. Leur dalle n’est plus éclairée par des tubes fluorescents CCFL comme avant (des sortes de tubes néon, NDLR), mais par des minuscules diodes, comme celles que l’on trouve désormais dans les ampoules électriques.

 

Le téléviseur LED TX58DX750 de Panasonic.
Le téléviseur LED TX58DX750 de Panasonic. - PANASONIC

 

Ces diodes sont généralement placées dans la partie basse de l’écran. On parle alors de « LED Edge ». Dans leur course perpétuelle vers une meilleure image, certains constructeurs ont aussi eu l’idée de placer leurs LED à l’arrière de l’écran. On évoque alors de téléviseur LED « avec local diming ». Un peu plus chers, ces écrans proposent cependant de meilleures images : seules les zones de l’image devant être rétro éclairées le sont. D’où des noirs plus intenses, comme avec les anciens téléviseurs plasma disparus des écrans radar mi-2014. Les téléviseurs LCD LED, eux, on aujourd’hui totalement remplacé les LCD CCFL et l’on en trouve dans toutes les tailles, plats ou incurvés, en HD, Full HD ou Ultra-HD. Et à tous les prix.

OLED : les écrans ultra-plats nommés désir

Le Graal des téléviseurs ? De nombreux constructeurs travaillent depuis des années sur la technologie OLED. Avec elle, c’est la fin du rétroéclairage des dalles de nos téléviseurs. L’arrière des écrans OLED est tapissé de diodes électroluminescentes qui, lorsqu'elles sont parcourues par un courant électrique, émettent leur propre lumière. Plus besoin de tubes CCFL ou d’ampoules LED en renfort.

Les nouveaux téléviseurs OLED LG Signature.
Les nouveaux téléviseurs OLED LG Signature. - LG

 

Les avantages de l’OLED sont nombreux : des écrans ultra-fins (moins de 5 mm), des contrastes comme jamais vus, mais aussi une consommation électrique très basse.

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Bien qu’elle ait pris entre 5 et 8 ans de retard car difficile à maîtriser, cette technologie auto émissive séduit les constructeurs… qui vont tous – ou presque — faire leurs courses chez LG. Business is business : seul à ce jour à dompter l’OLED, le constructeur sud-coréen vend ainsi ses dalles à ses concurrents. Panasonic, Loewe, Philips ou désormais Sony qui lancera prochainement sa série KD-A1 (un OLED en 55’’, 65’’ et 77’’), se fournissent chez LG !

Avec sa série A1, Sony fait entrer l'OLED dans sa gamme de téléviseurs 2017.
Avec sa série A1, Sony fait entrer l'OLED dans sa gamme de téléviseurs 2017. - SONY

 

Les capacités de production du fabricant, qui vend évidemment des téléviseurs OLED sous sa propre marque, étant limitées, le prix des téléviseurs OLED reste élevé : généralement autour de 3.000 euros pour un modèle récent.

 

Et bémol : il n’existe pas de téléviseur OLED de moins de 55’’. «L’OLED est archi-dominateur dans les noirs. Par contre, le QLED a pour lui l’avantage d’avoir un spectre colorimétrique extrêmement fort et juste, et de pouvoir l’afficher à une très forte luminosité. Il s’agit vraiment de deux philosophies différentes », précise Frank Ladoire, d’avcaesar.com. Pause sur le direct : QLED, qu’est-ce que c’est ?

QLED : des LCD qui ne veulent plus dire leur nom

Le nouveau truc dont on cause. Venus du monde entier, des centaines de journalistes étaient présents le 14 mars au Carrousel du Louvre, à Paris, pour participer à une de ces grands-messes médiatiques dont les fabricants high-tech fortunés ont le secret. Raison de cette communion ? Samsung présentait ses téléviseurs QLED. « Il s’agit de la meilleure techno pour délivrer du contenu HDR aujourd’hui et dans le futur (…), le débat sur la qualité est over », taclait Stéphane Cotte, vice Président Consummer Electronics de Samsung France, lors de la présentation. LG et son OLED n’a qu’à bien se tenir.

 

Mais qu’on se le dise : les téléviseurs QLED restent des téléviseurs LCD LED. A base de Quantum Dot (ou points quantiques), ils intègrent des nano cristaux de différentes tailles qui, lorsqu’excités par la lumière, émettent une longueur d’ondes. Celle-ci correspond à une couleur. Chez Samsung, c’est un film Quantum Dot qui vient s’intercaler entre le rétroéclairage et les filtres de couleur RVB pour… Mais pour quoi faire, au juste ? « Grâce au Quantum Dot, le spectre colorimétrique est largement plus énergique, notamment sur le rouge et le vert », explique Frank Ladoire.

Mais « le QLED ne concurrence pas l’OLED sur la réactivité et tout ce qui est contraste », précise Tanguy Andrillon, chef du service TV aux Numériques.com. Qui ne cache pas sa petite déception : « Les nouveaux téléviseurs QLED ne sont pas ceux auxquels on s’attendait. Nous les espérions auto émissifs, sans rétroéclairage. Ils restent cependant de bons téléviseurs », indique Tanguy Andrillon. Mais comme leur image lumineuse et contrastée, leur aussi prix risque aussi de décoller la rétine : 2200 euros pour le Samsung QE49Q7F, 2490 euros pour le 55Q7F et 3490 euros pour le 65Q7F.

Il faudra sans doute attendre 2019 ou 2020 pour que Samsung parvienne supprimer le rétroéclairage de ses téléviseurs QLED. « Ce n’est pas encore gagné et c’est un vrai pari technologique », note Frank Ladoire d’avcaesar. Au bout de la télécommande, l’enjeu n’est pas mince, puisqu’avec les futurs QLED, il devrait aussi être possible de fabriquer des écrans flexibles. Comme avec l’OLED.