• Enedis a annoncé mardi que le déploiement de ces compteurs allait s’accélérer
  • En parallèle, dans les Bouches-du-Rhône, habitants et communes expriment leur scepticisme.

C’est une petite boîte jaune qui a déjà investi des milliers de foyers partout en France et qui, tout doucement, fait son apparition dans les appartements des Bouches-du-Rhône. Son nom de code ? Linky. Ce petit boîtier est en réalité un compteur électrique nouvelle génération, qu' Enedis (ex-EDF) a commencé à installer dans le département en décembre 2015.

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A priori, jusqu’ici, rien d’anormal. Sauf que les inquiétudes autour de ce compteur électrique communicant, accusé tour à tour d’espionnage ou de risques sanitaires, sont grandes. Dans le département des Bouches-du-Rhône, la résistance s’organise, alors que, mardi dernier, Enedis a annoncé que leur déploiement va s’accélérer d’ici la fin de l’année.

Linky, c’est quoi ? Ce compteur « intelligent » vient remplacer les anciens compteurs électriques. Il doit notamment permettre d’éviter le passage d’un technicien pour relever la consommation de courant. La « télé-relève » des compteurs Linky est effectuée en principe une fois par jour, en moins d’une minute. La consommation est mesurée en temps réel et transmise une fois par jour au fournisseur d’électricité, permettant une facturation plus précise que celle basée sur des estimations. Environ 35 millions de compteurs Linky doivent à terme équiper les foyers français, dont plus d’un million dans le département des Bouches-du-Rhône d’ici à 2021.

Des collectifs anti-Linky qui se coordonnent. Depuis plusieurs mois, les habitants du département se rassemblent en collectifs pour montrer leur opposition à ce boîtier. A Marseille, ils sont déjà une dizaine à s’être rassemblés contre ce compteur intelligent, dans le Panier, à l’Estaque ou encore dans le 15e arrondissement. « A un moment, ça suffit de prendre des gens pour des cobayes, s’exaspère Isabelle Taitt, fondatrice du collectif antiLinky de Marseille Centre. On a été soumis à l’amiante, aux pesticides… Et là on ne sait pas les conséquences sanitaires ! »

Dans le centre-ville de la cité phocéenne, les compteurs Linky ne sont pas encore apparus. « Mais mieux vaut prévenir que guérir ! », ironise Isabelle Taitt. En avril dernier, ces collectifs antiLinky marseillais se sont rassemblés pour organiser une manifestation au pied de la préfecture. Par la voix de Jean-Marc Coppola, conseiller municipal de l’opposition, ils ont également interpellé Jean-Claude Gaudin, sans succès. La prochaine étape ? Une coordination avec les comités d’autres départements. « Nous avons une réunion samedi avec les membres du collectif de Toulon », précise-telle. Avec toujours comme objectif de « mettre la pression sur les élus ».

Des communes sceptiques. Le travail de lobbying a en effet payé dans certaines communes du département. A La Penne-sur-Huveaune, près d’Aubagne, la municipalité s’est penchée sur cette problématique après avoir reçu de nombreux coups de fils d’administrés inquiets. Ce mois-ci, le conseil municipal a édité un hors-série de son journal visant à informer. « Il s’agit être un lanceur d’alerte », explique Christian Presutto, conseiller municipal en charge des transports qui s’est emparé du dossier. Une délibération sur le sujet est prévue en septembre, à l’image de ce qui a déjà été fait à Aix-en-Provence. En septembre dernier, la maire Maryse Joissains-Masini (LR) a fait adopté à l’unanimité une délibération demandant « le report des installations du compteur Linky dans les équipements publics communaux » par « principe de précaution ».

« La partie visible » pour Linky. Du côté de Linky, on l’admet facilement : la polémique autour de la petite boîte jaune est une véritable surprise. « On est tombée des nues, confie Christophe Longre, porte-parole de Linky. Cette tempête n’était pas prévue ». Mais, il l’assure, « ce n’est que la partie visible. Avec la très grande majorité des gens, il n’y a pas de problème. »

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