• « Le loup est une espèce strictement protégée »
  • « On tue les loups, mais la solution est de protéger les troupeaux »

La décision ne passe pas. Quelques minutes seulement après l’annonce du gouvernement, qui autorise l’abattage de deux loups supplémentaires jusqu’en juin 2017, en plus des 36 spécimens déjà tués en neuf mois, les associations de protection et de défense de cette espèce ont décidé d’attaquer cet arrêté devant le Conseil d’Etat. Jean-François Darmstaedter, président de Ferus, explique pourquoi cette association allaudienne, première association nationale pour la conservation de l’ours, du loup et du lynx, se joint à ce bras de fer judiciaire.

Pourquoi porter cette décision devant le Conseil d’Etat ?

Le président de Ferus

Tout simplement parce que cette décision est illégale. La France a ratifié la directive européenne sur la faune et la flore. Et le loup est une espèce strictement protégée. La France n’a pas le droit d’intervenir sur cette espèce, sauf dérogation, si le loup est une menace. Sauf que la France estime que le loup représente tout le temps un danger, ce qui est absolument faux.

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L’arrêté ministériel prévoit l’abattage de deux loups seulement…

Mais c’est une question de principe ! Si on ne fait rien, on laisse tout faire, on laisse la ministre de l’Environnement faire tout et n’importe quoi. Cette décision ne correspond pas aux obligations de la France en matière de protection de l’animal. La France met réellement l’espèce en danger ! Il faut s’attendre encore à une diminution (N.D.L.R. : La population de canis lupus est désormais d’environ 300 spécimens en France, dont une majorité dans le Sud-Est). On tue les loups, mais la solution est de protéger les troupeaux pour empêcher les attaques, en les faisant par exemple garder par des bergers ou des chiens de garde. Partout dans les autres pays, c’est ce qu’on a fait et ça fonctionne. Nous ne sommes pas contre les éleveurs, mais nous sommes pour une cohabitation, et nous sommes prêts à les aider.

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Qu’attendez-vous pour la suite ?

Ségolène Royal ne nous a jamais reçus jusqu’ici. Elle semble soumise au lobby de la chasse et du monde agricole. Ce que nous voulons, c’est du bon sens : la rencontrer pour discuter un peu, et que l’Etat soutienne le monde rural.