Une présidente pour Radio France ?

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RADIO - Parmi les six personnes auditionnées par le CSA ce mardi 25 février, deux femmes...

C’est aujourd’hui que se déroulent les auditions des six candidats à la présidence de Radio France, retenus par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Ils disposeront de trente minutes maximum pour exposer leur projet, suivies de quarante-cinq minutes de discussion avec le Conseil, qui votera à bulletins secrets. La décision du CSA sera connue au plus tard le 7 mars.

Si Jean-Luc Hees, l’actuel président, brigue un nouveau mandat, il ne fait pas figure de favori. D’autres candidats paraissent en effet mieux placés. Du moins sur le papier. Petit tour d’horizon des chances de chacune et chacun, sachant que les auditions sont justement là pour bousculer les pronostics…

Une femme serait hautement appréciée à la tête de Radio France et Anne de Brucy a toutes ses chances. A 56 ans, l’ex-direcrice de France Bleu a pour elle une belle expérience et un bon réseau. Ce serait aussi une sacrée revanche pour celle qui a été licenciée sans ménagement, ni motif sérieux, par Jean-Luc Hees alors qu’elle obtenait de très bons résultats d’audience à France Bleu. En ce moment, elle termine une mission sur France 3 à la demande d'Aurélie Filipetti et paraît la plus «solide» des deux candidates féminines, face à Anne Durupty. Notre pronostic : 32% de chances.

Martin Ajdari est un sérieux postulant. A 44 ans, le Secrétaire général de France télévision connaît bien la maison puisqu’il y est déjà passé comme directeur général délégué, où il était plutôt apprécié, y compris des syndicats. De plus, cet énarque passé par les cabinets ministériels de Laurent Fabius et Florence Parly connaît bien David Kessler, en charge du dossier médias auprès d’Aurélie Filipetti. Bref, voilà un candidat qui paraît bien armé pour gérer une grosse machine, avec rigueur. Notre pronostic : 23%.

Le profil de Mathieu Gallet est très différent. A 37 ans, le président de l’INA est un peu le jeune loup qui monte grâce aux cabinets ministériels et notamment l’appui de Frédéric Mitterrand. Il a été aussi dans le cabinet de Christine Albanel, à la Culture et à la Communication. Brillant, ambitieux, c’est un homme de dossiers qui a des soutiens à droite mais n’est pas rédhibitoire à gauche. A voir si ces soutiens politiques seront suffisants… Notre pronostic : 19%.

Anne Durupty, directrice générale d’Arte France et ex DG adjointe du CNC. Elle a pour elle d’être une femme et ses compétences sont reconnues, mais cette technicienne de 59 ans affiche une personnalité très discrète. Pas forcément l’idéal pour occuper un poste de premier plan, très politique. Notre pronostic 14%.

Philippe Gault, c’est un peu la candidature surprise. Venu du monde des radios libres, cet homme de 57 ans est président du SIRTI (Syndicat des radios et télévisions indépendantes). Pas forcément le meilleur atout pour gérer une institution classique et monumentale comme Radio France, sur lequel il a un regard fort critique. Notre pronostic : 4%.

Il serait assez improbable que Jean-Luc Hees, 63 ans, soit reconduit. Difficile pour le CSA d’écarter sa candidature d’emblée, d'autant qu'Hees est un grand ancien de la maison, qu'il a connu comme journaliste, animateur, mais aussi directeur de France Inter. Cette personnalité diversement appréciée n'a pas un bilan flamboyant à défendre devant les sages et sera, de plus  atteinte par la limite d’âge en cours de second mandat. Notre pronostic : 8%.