Previously on House of Moscow. Après 5h30 d’une audition simplement interrompue par dix minutes de pause pipi, le directeur du FBI a pour la première fois confirmé officiellement qu’une enquête était en cours sur une possible « coordination » entre des membres de l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie pour faire pencher la présidentielle américaine en faveur du candidat républicain. Alors que James Comey a refusé de fournir le moindre détail, une chose est sûre : le président américain est loin d’être sorti d’affaires.

Une enquête ouverte en juillet 2016

Hillary Clinton a dû s’étrangler avec ses céréales. L’enquête sur l’ingérence russe et les possibles liens avec l’équipe de Trump a commencé en juillet 2016, quatre mois avant l’élection. Mais le directeur du FBI a choisi de garder le silence, alors qu’il avait publiquement annoncé la reprise de l’enquête sur la candidate démocrate et ses emails à moins de 10 jours du scrutin. De combien de temps le FBI a-t-il besoin avant de présenter ses conclusions définitives ? « Difficile à dire », selon James Comey car « à l’échelle d’une enquête de renseignement, c’est une période assez courte (depuis juillet ».

Y a-t-il la preuve d’une collusion ? No comment

Le directeur du FBI a passé l’essentiel de son temps à répondre « Je ne peux pas commenter » car l’enquête est encore en cours. Concerne-t-elle Donald Trump directement ? No comment. Ou son ancien directeur de campagne, Paul Manafort, qui a fait du lobbying en Ukraine pour le gouvernement pro-russe ? No comment. Et l’ancien conseiller Michael Flynn, qui a oublié de mentionner ses contacts avec l’ambassadeur russe et les paiements reçus pour ses interventions sur la chaîne de propagande du Kremlin, RT ? Idem. Pareil pour l’ancien collaborateur Roger Stone, qui a communiqué avec Guccifer 2.0, soupçonné d’être un alias regroupant plusieurs hackers russes.

On ne saura rien. Attention toutefois « à ne pas interpréter » le silence du directeur du FBI dans un sens ou dans l’autre, a prévenu l’intéressé. Mais cette prudence extrême « est le signe qu’il y a une enquête conséquente en cours », et c’est « une très mauvaise nouvelle » pour Donald Trump, estime l’expert juridique Benjamin Wittes sur le blog Lawfare.

Aucune preuve que Barack Obama ait surveillé Donald Trump

Donald Trump a tweeté avec fracas début mars, accusant son prédécesseur de l’avoir « mis sur écoute », dans une affaire « digne du Watergate ». Sauf que le FBI n’a « aucune information » à ce sujet. « Aucun président ne pourrait » ordonner de telles écoutes, a expliqué Comey, précisant que c’est un juge spécialisé qui accorde ce genre de requête. « Je n’ai rien vu du côté de la NSA sur une telle activité, et personne ne nous a demandé de mener de telle activité », a précisé le patron de la NSA, Mike Rogers.

Trump prend ses distances avec son ancien directeur de campagne

Alors que les élus démocrates ont concentré leurs questions sur trois proches de Donald Trump, la Maison Blanche a tenté de prendre ses distances avec eux. Ce qui a beaucoup fait rire sur Twitter quand le porte-parole Sean Spicer a juré aux journalistes incrédules que Paul Manafort avait « joué un rôle très limité ». Surprenant pour quelqu’un qui fut le directeur de campagne pendant cinq mois, au plus fort de la primaire…