Des portraits géants de migrants montpelliérains ont traversé la ville, ce dimanche. Réalisées par le street-artist d’ici Al Sticking, les toiles ont accompagné un cortège d’environ 200 personnes, qui militent notamment pour que les étrangers placés en centre d’accueil et d’orientation puissent obtenir l'asile politique en France.

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Parmi les manifestants, certains ont concrétisé leur soutien aux migrants, en parrainant l’un d’eux. Ce dispositif, mis en place à la fin du mois de février par le collectif Migrant(e) s Bienvenue 34, permet à des citoyens bénévoles d’être aux côtés d’un demandeur d’asile dans la « conquête de son autonomie ». 20 Minutes les a interrogés.

« Des moments de vie »

« C’est une manière pour les migrants d’avoir un contact humain, citoyen. Le parrain peut bien sûr les accompagner dans leurs démarches, mais l’objectif, c’est surtout de discuter avec eux pour qu’ils apprennent la langue française, ou les emmener à la plage, au cinéma, ou à la médiathèque. Comme on pourrait le faire avec un cousin qui arrive à Montpellier », confie Pierre-Louis, un membre du collectif et parrain.

« Pour certains, ils n’ont connu jusque-là que la police », reprend Thierry. Nathalie, de son côté, accompagne des migrants éthiopiens depuis près d’un mois. « On se sent parfois impuissant, note-t-elle. Là, c’est quelque chose de concret. On offre des moments de vie. On est sorti au Jam par exemple, on a dansé, et on s’est éclaté. »

« Eux aussi, ils nous apportent beaucoup »

« On a fait une soirée où ils nous ont fait découvrir leur cuisine, on s’est baladé à la mer… Comme des amis… On leur apporte quelque chose, mais croyez-moi, eux aussi, en retour, ils nous apportent beaucoup », assure Cathy.

Un dispositif « très important », confie un migrant soudanais de 38 ans, dont le village a été détruit pendant la guerre quand il avait 13 ans, arrivé en France le 21 août. « Cela nous permet de comprendre notre situation [administrative], témoigne-t-il. Et puis, cela nous aide à découvrir un peu mieux la culture française, visiter la ville. Avoir des moments de partage. » Et se changer « un peu les idées ».

A Montpellier, 90 bénévoles se sont engagés dans ce dispositif de solidarité, qui a été lancé à la fin du mois de février. « Maintenant, on s’est attaché à ces gens, confie une marraine. Cela va forcément amplifier notre combat pour qu’ils restent. »