Hugo était dans la même classe que Killian. Et ce lundi matin, quatre jours après que son camarade ait ouvert le feu et blessé cinq personnes dans leur lycée Alexis de Tocqueville, à Grasse, cet élève de Première L est revenu en cours. Mais « la tête n’y était pas ».

Devant le lycée Alexis de Tocqueville lundi matin
Devant le lycée Alexis de Tocqueville lundi matin - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

« On a fait que parler de ça et l’ambiance est super-pesante. On n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi c’est arrivé. Je ne lui parlais pas spécialement. Il avait son groupe d’amis. Mais franchement, rien ne le prédestinait à faire ça. Je suis resté deux heures en classe et ce sera tout pour le moment », explique à 20 Minutes ce lycéen de 16 ans, devant les grilles de l’établissement.

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« Touchés par un syndrome psycho traumatique »

Il attend que ses parents viennent le récupérer. « Je ne pense pas revenir cette semaine. Je vais essayer de régler la peur que je ressens de mon côté, en en parlant avec ma famille et mes potes. Il faut que je sois mieux pour arriver à me concentrer à nouveau. Là, dès qu’il y a un bruit, que quelqu’un qui frappe à la porte, tout le monde est en stress, raconte le jeune homme. Et ce n’est pas possible de travailler dans cet état. »

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Hugo et beaucoup d’autres élèves sont « touchés par un syndrome psycho traumatique », explique le docteur Véronique Nahmias. Ce lundi et mardi, cette psychiatre de l’hôpital de Grasse va intervenir dans le lycée « à la demande ».

« Il y a un ancrage du symptôme de peur, une très forte appréhension pour ceux qui ont vécu cette situation, précise la spécialiste. A tel point qu’ils vont essayer d'éviter au maximum tout ce qui peut leur rappeler ce qui s’est passé. A leur demande, nous sommes là pour les écouter. Individuellement, certains pourraient être suivis plus longtemps. »

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Des policiers postés à l’entrée du lycée

Une cellule d’urgence médico-psychologique et des équipes de la protection civile des Alpes-Maritimes ainsi que dix psychologues de l’Éducation nationale sont également dépêchés sur place pour encadrer les élèves, indique le rectorat de Nice. Une patrouille de police nationale est aussi postée à l’entrée de l’établissement.

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Et des fouilles sont organisées. « Ça, ça rassure vraiment, dit aussi Maeva, élève de Seconde. J’étais à la cantine quand ça s’est passé. Je suis retournée voir les dégâts, les vitres brisées par les balles. La peur revient instantanément. Et bizarrement, maintenant, j’ai l’impression que ça peut se repasser à n’importe quel moment. »