Le profil psychologique de Killian, l’adolescent de 16 ans qui a blessé cinq personnes jeudi dernier dans un lycée de Grasse, pose toujours question. Quatre jours après les faits, son avocat révèle que ses parents avaient demandé l’avis d’un psychiatre, selon qui le jeune homme « était tout à fait normal ».

« Ils se sont inquiétés d’une certaine propension de Killian à avoir un attrait pour les armes ou les films d’action et donc, comme tout parent responsable, ils ont fait appel à un médecin psychiatre qui a indiqué qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter », a indiqué Me Michel Valiergue, lundi.

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« Son appréciation n’a pas été conforme »

Le lycéen, mis en examen samedi pour tentatives d’homicides et incarcéré, semblait pourtant s’intéresser à de nombreuses images morbides, dont certaines de la tuerie de Columbine aux Etats-Unis, qu’il avait pris soin de partager sur les réseaux sociaux.

« Je me ferai une obligation de solliciter l’audition de cet expert [le psychiatre] par le magistrat instructeur, a expliqué l’avocat. La réalité est là, son appréciation n’a pas été conforme à la réalité du cas de Killian. » En garde à vue, un expert psychiatre avait aussi conclu à l’absence de troubles mentaux chez le jeune homme qui a rapidement reconnu être l’auteur de la fusillade.

« Rien ne le prédestinait à faire ça »

Selon Me Michel Valiergue, la famille de Killian est « totalement effondrée ». « Ils se posent énormément de questions. Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est le passage à l’acte », a également précisé l’avocat.

Ce lundi matin, un des camarades de classe de Killian, interrogé par 20 Minutes, expliquait que « rien ne le prédestinait à faire ça ». « On n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi c’est arrivé », a expliqué Hugo, 16 ans, élève en première L.

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Le tireur présumé « est décrit comme sans signe avant-coureur », a aussi réagi le recteur de l’académie de Nice Emmanuel Ethis. « Autant, pour d’autres, il y avait des choses qui nous inquiétaient, mais pas pour lui. Là, il n’y avait aucun signal. On est abasourdis », a commenté de son côté Isabelle Martimort, la conseillère principale d’éducation du lycée.