• «C’est choquant. Ils ont une fois de plus frappé un symbole de la France, de la République et de notre vivre-ensemble»
  • Une cellule psychologique va être mise en place pour recevoir les commerçants et les riverains qui le souhaitent
  • Les touristes eux, profitent du soleil et des boutiques ouvertes

Comme tous les matins, elle sort du métro de la ligne 13, se dégote un chemin dans la foule et se range machinalement sur le côté droit de l’escalator. Mais ce vendredi, en arrivant sur les pavés ensoleillés desChamps-Elysées (8e arrondissement), Véronique, 39 ans, marque un temps d’arrêt avant de se diriger vers son bureau.

« C’est profondément atroce. Je viens travailler ici tous les jours et ce matin, je ne suis pas rassurée. Même si je note un déploiement policier plus important depuis quelques semaines, j’appréhende », confie-t-elle.

« C’est choquant, mais ça ne va rien changer à mon quotidien »

Au lendemain de l’attentat revendiqué par Daesh qui a coûté la vie à un policier et en a blessé deux autres, au niveau du 102 de l’avenue des Champs-Elysées, ils sont nombreux, comme Véronique, à faire part de leur émotion. A l’image d’Amin, 30 ans, qui travaille également tout près de l’endroit où a eu lieu le drame.

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« C’est choquant. Ils ont une fois de plus frappé un symbole de la France, de la République et de notre vivre ensemble. Après, ça ne va rien changer à mon quotidien ». Les commerçants en revanche – dont certains comme chez Marks & Spencer ont tiré le rideau pour la journée – disent d’ores et déjà, accuser le coup.

Vendredi 21 avril 2017, des passants déposent des fleurs sur les Champs-Elysées au lendemain de l'attentat.
Vendredi 21 avril 2017, des passants déposent des fleurs sur les Champs-Elysées au lendemain de l'attentat. - Christophe Ena/AP/SIPA

« Il n’y avait déjà plus grand monde ici mais là il n’y aura plus une mouche »

Alors que les journalistes et certains badauds prennent en photo les deux impacts de balle sur la vitre de l’immeuble sous le regard du gardien, certains restaurateurs tentent de continuer une activité « normale », après une soirée « mouvementée ». « Les gens étaient paniqués, ils couraient et essayaient de se cacher. Nous avons tout de suite fermé car notre vitrine est facile à shooter », indique Georges, salarié d’un café. Ils ne prendront pas de mesures de sécurité particulière.

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« On fait comme si la vie continuait normalement », ajoute-t-il. Avec moins de clients ? « Évidemment », balaye-t-il. Même constat pour le kiosquier du coin. « Il n’y avait déjà plus grand monde sur les Champs-Elysées depuis le Bataclan mais là, il n’y aura plus une mouche », déclare Julien. Pourtant l’enjeu économique est de taille.

Les Champs-Elysées, « c’est un lieu symbolique, c’est la vitrine de la capitale, c’est une avenue très fréquentée, 300.000 personnes l’arpentent chaque jour », a affirmé à l’AFP, Jeanne d’Hauteserre, maire LR du 8e arrondissement. Une cellule psychologique va être mise en place pour recevoir les commerçants et les riverains qui le souhaitent. Les touristes eux, profitent du soleil et des boutiques ouvertes. Certains disent ne pas être au courant, d’autres prennent la mesure de la situation mais n’écourteront pas leur séjour pour autant. Et comptent profiter jusqu’au bout.

« J’admire la force des Parisiens »

« J’étais au restaurant avec mon ami avenue Montaigne et soudain nous avons vu beaucoup de policiers. Nous avons attendu que la situation se calme et nous sommes tout de suite repartis à l’hôtel », explique Cristina, une Mexicaine de 26 ans qui ne compte pas « vivre dans la peur » pour ses derniers jours de vacances dans la capitale. Anne, aussi « profitera » jusqu’au bout. « Je suis venu à Paris durant trois jours pour me promener. Je sens une ambiance un peu tendue. Mais je ne changerai rien », s’exclame cette Bretonne, de 53 ans.

Des policiers en patrouille sur l'avenue des Champs-Elysées, le 21 avril 2017.
Des policiers en patrouille sur l'avenue des Champs-Elysées, le 21 avril 2017. - AFP

Quelques minutes après un moment d’hommage et dedépôt de fleurs de la part de Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alternative Police CFDT, Carlton, non loin, souhaite être photographié sur les Champs-Elysées. « Je suis de passage à Paris pour une réunion à l’Unesco et je voulais venir ici. D’autant plus aujourd’hui, après les événements », affirme ce Sud-Africain âgé de 55 ans.

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« C’est terrible ce qu’il s’est passé mais il faut que la vie suive son cours. Et j’admire la force des Parisiens », ajoute-t-il. Carlton est arrivé il y a quelques semaines et repartira début mai. Son séjour sera ponctué de réunions autour de l’éducation des enfants et la paix dans le monde. « Ces thématiques n’ont jamais été aussi importantes qu’à l’heure actuelle », dit-il, avant de partir vers l’Arc de Triomphe.