Les débris du tsunami japonais transportent des espèces invasives

Thomas Boyd/AP/SIPA
Un quai en provenance du Japon, balayé par le tsunami de mars 2011, a échoué sur une plage de l'Oregon, aux Etats-Unis, en juin 2012.

ENVIRONNEMENT - Sur la côte Ouest des Etats-Unis, les déchets japonais qui ont traversé le Pacifique doivent rapidement être détruits...

C’est une course contre la montre qui commence pour les autorités de l’Oregon, à l’Ouest des Etats-Unis: un morceau de quai de 20 mètres de long, ayant dérivé à travers l’océan depuis le tsunami japonais du 11 mars 2011, doit être détruit avant de provoquer un désordre biologique. Les scientifiques ont en effet dénombré plus de 90 espèces d’algues, mollusques et organismes marins en tous genres sur le quai qui s’est échoué sur la plage d’Agate, à Newport, le 5 juin dernier.

Etoile de mer, crabe japonais et wakame

Les scientifiques sont particulièrement inquiets de la propagation possible d’une étoile de mer, Asterias amurensis, du crabe japonais et de l’algue wakame. Ces trois animaux et végétaux ont une grande capacité à se répandre et à prendre le dessus dans de nouveaux milieux naturels, entraînant la disparition d’espèces locales. Ainsi, le wakame pousse dans tous les interstices et sur tous les supports possibles, formant de larges plaques qui bloquent les rayons du soleil pour les autres espèces. L’Asterias amurensis, elle, a un appétit féroce qui peut éliminer un grand nombre de proies, tandis que le crabe japonais se reproduit avec une rapidité telle qu’il peut vite coloniser un milieu, laissant les autres espèces de crabes sans ressources alimentaires.  Preuve de leur résistance: ces espèces ont survécu à une traversée du Pacifique de 7.000km durant 15 mois.

Les autorités américaines doivent donc se débarrasser au plus vite du morceau de quai qui sert de logis à ces intrus. Pesant plus de 130 tonnes, il sera coupé en cinq morceaux, dont l’un sera érigé comme mémorial pour les victimes du tsunami.