Elles auraient effectué 24 CDD en tout. Selon l’émission « Quotidien », Bruno Le Roux aurait employé, lorsqu’il était député, ses deux filles dès l’âge de 16 ans comme collaboratrices parlementaires. Le ministre de l’Intérieur doit être reçu mardi « dans la journée » par le Premier ministre Bernard Cazeneuve à la suite de ces révélations.

L’émission de Yann Barthès aurait obtenu des informations qui auraient été confirmées ensuite par le cabinet de Bruno Le Roux. Lors d’un déplacement dans le Gard le 10 mars dernier, le ministre s’est exprimé au micro de la journaliste Valentine Oberti : « Bien entendu, j’ai mes filles qui ont travaillé avec moi sur des étés, notamment, ou des périodes de vacances scolaires, mais jamais en permanence ».

24 CDD pour ses deux filles

Les deux filles de Bruno Le Roux ont cumulé 14 et 10 CDD chacune, effectués pendant les vacances scolaires entre 2009 et 2016, lorsqu’elles étaient lycéennes ou étudiantes, pour des revenus atteignant au total 55.000 euros. Selon les contrats de travail, auxquels « Quotidien » aurait eu accès, l’une des filles aurait même travaillé dès l’âge de 15 ans, à la fin de son année en classe de seconde. Le cabinet du ministre a expliqué que « tous les contrats ont bien évidemment été établis en respectant les âges permettant de travailler en lien avec les services de l’Assemblée nationale » (possibilité de travailler dès 14 ans pendant les congés scolaires).

Pour le ministre de l’Intérieur, l’âge de ses filles n’est pas un problème : « Pas d’amalgame [avec l’affaire Fillon]. On parle d’un boulot d’été auprès d’un parlementaire. Et quand il faut faire du classement, quand il faut faire un certain nombre de tâches parlementaires, je trouve que c’est une bonne école de faire ça » a-t-il justifié au micro de la journaliste de l’émission.

Des contrats hors vacances scolaires

« Quotidien » évoque également des contrats réalisés par les filles de Bruno Le Roux alors qu’elles n’étaient pas en période de vacances scolaires. L’aîné aurait ainsi signé un contrat du 10 juin au 9 septembre 2013, alors qu’elle était en stage dans un magasin Yves Rocher à Tournai en Belgique.

La situation serait la même pour la benjamine qui aurait signé un contrat alors qu’elle n’était pas en période de vacances scolaires : « Chaque contrat faisait l’objet de missions qui ont été honorées (…), puisque ces missions ont pu être effectuées en horaires renforcés avant et après le stage, et en travail à distance durant le stage (travail de rédaction, mise à jour de fichiers, recherches, etc) », a justifié le cabinet du ministre.

Pour rappel, au lendemain des révélations du Canard enchaîné sur l’emploi fictif présumé de Pénélope Fillon, Bruno Le Roux s’était exprimé au micro de RTL : « Je pense qu’il devrait y avoir une règle simple qui est que cela ne devrait pas être autorisé (…) Je pense que c’est plus clair, c’est plus clair qu’il n’y ait pas de conjoint qui travaille avec les députés ».