L'UMP annonce que Vanneste va quitter la politique, l'intéressé dément

AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN
Le député du Nord, Christian Vanneste, le 9 janvier 2011 à Linselles.

Il jette l'éponge, ou pas. Jean-François Copé, le secrétaire général, et Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint,ont annoncé ce mercredi matin que le député UMP du Nord, Christian Vanneste, leur avait fait savoir qu'il allait «quitter la politique», annonce le site du quoitiden Le Monde. Cependant, l'intéressé a démenti quelques minutes plus tard. 

En amont de la réunion du bureau politique de l'UMP, qui devait se réunir ce mercredi matin et se prononcer sur l'exclusion du député UMP du Nord du parti, après ses propos sur «la légende de la déportation des homosexuels», Jean-François Copé, le secrétaire général, et Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint, avaient annoncé au Monde: «Il nous a informés qu'il renonçait à son investiture et il nous a donné sa parole d'homme qu'il allait quitter la politique.» Une décision qui suspend la procédure d'exclusion qui devait être engagée à son encontre, indique le quotidien.

Démentis

«Je n'ai jamais rencontré M. Copé depuis une semaine, je ne lui ai donc absolument rien promis et je ne lui donne pas le droit de décider pour moi de ce que je vais faire», a déclaré Christian Vanneste quelques instants plus tard au micro de France Inter. Dans un entretien au JDD.fr, il a à nouveau démenti l'information, indiquant: «Cette décision m'appartient, ils n'ont pas à parler pour moi. Elle viendra quand j'aurai l'intention de la donner. Je ne supporte pas que ces gens qui n'ont même pas pris contact avec moi osent transmettre des informations qui m'appartiennent et qui ne leur appartiennent pas.»

Il ajoute: «Ce parti fonctionne vraiment de façon totalitaire, ça devient de plus en plus irrespirable! C'est incroyable! Ces gens n'ont pas daigné avoir de contacts avec moi depuis une semaine. Ils ont réagi en ne comprenant même pas ce que je disais, en attaquant ce qui est une vérité historique sans même en discuter. Et maintenant ils annoncent ma démission? Qu'ils aillent se faire foutre! Il y en a marre à la fin!» Et de sous-entendre qu'il serait victime d'un «coup monté à l'intérieur de l'UMP», possiblement orchestré par Gaylib, cercle de réflexion gay au sein du parti.

Christian Vanneste admet toutefois qu'il «songe de plus en plus à quitter cette galère qui vogue vers des rivages bien dangereux», précisant tout de même que son adhésion à un autre parti «ne se pose même pas».

Des déclarations «inconvenantes et indignes d’un parti démocratique»

Dans un communiqué transmis ce mercredi, Christian Vanneste juge «inconvenantes et indignes d’un parti démocratique» les «déclarations de certains responsables de l’UMP faisant part de décisions qui [lui] appartiennent et à personne d’autre». Il souligne qu'il a demandé à être entendu par le bureau politique au sujet de la polémique ayant fait suite à ses propos sur les homosexuels, et qu'il ne l’a pas été.

Il joint pour appuyer ses dires un mail qu'il dit avoir adressé à Jean-François Copé, et «qui est resté sans réponse», et redit qu'il n'a eu «aucun contact direct avec Jean-François Copé ou Marc-Philippe Daubresse comme ces derniers le laissent entendre». Il ajoute qu'il n’a «signifié à personne son intention de quitter la vie politique», mais précise que «le fonctionnement de l’UMP tel qu’il s’est révélé depuis une semaine (...) lui fait aujourd’hui très sérieusement envisager de quitter [ce] parti».

Par ailleurs, Christian Vanneste «constate avec satisfaction qu’aucune décision d’exclusion n’a été prise à son encontre» et souligne qu'il «n’y avait d’ailleurs aucune raison de le faire puisque le fait d’énoncer une vérité historique ne peut apparaître pour une faute politique condamnable».