• L'identité du suspect abattu est «connue et a été vérifiée»
  • Il aurait été arrêté en février pour avoir menacé de tuer des policiers.
  • Il avait été condamné à 15 ans de prison en 2001 pour tentative d'homicide sur policiers.

Son identité est désormais « connue ». Après l’attaque terroriste des Champs-Elysées, dans laquelle un policier a été tué et deux blessés, jeudi soir, le procureur de la République de Paris, François Molins, n’a pas révélé le nom du suspect abattu pour préserver l’intégrité de l’enquête. Il devrait le communiquer ce vendredi, lors d’une conférence de presse, organisé à 17h45. Mais déjà, les premiers éléments de l’enquête révèlent le profil inquiétant de l’assaillant.

Arrêté en février pour avoir menacé de tuer des policiers

Selon nos informations, l’assaillant âgé de 39 ans, né à Livry-Gargan en Seine-Saint-Denis, n’était fiché « S », contrairement à ce qui avait été dit précédemment par plusieurs sources. En revanche, il avait été placé en garde à vue en février dernier après avoir, selon des témoins, manifesté sa volonté de tuer des policiers. Entendu par la police judiciaire de Meaux, il avait été libéré faute de preuve. Toutefois, son signalement avait été transmis aux services de renseignement et une enquête antiterroriste avait été ouverte.

Dans sa voiture, les policiers ont retrouvé un fusil à pompe et des armes blanches dont un couteau de cuisine, ainsi que des notes manuscrites comportant l’adresse de la DGSI à Levallois-Perret, l’adresse du commissariat de Lagny et trois adresses d’armureries, selon BFM TV. Selon l’AFP, un mot manuscrit défendant Daesh a également été découvert près de son corps. Les enquêteurs décident de perquisitionner le domicile du propriétaire de la carte grise du véhicule vers 22h, à Chelles (Seine et Mane), comme l’annonçait 20 Minutes. Ils ont saisi un ordinateur, des téléphones, une crosse de fusil, un bout de canon scié, des tapis de prière, un Coran et une demande de permis de chasse.

Condamné à 15 ans de prison en 2005 pour tentative d’homicide sur policiers

Sa haine de la police ne date pas d’hier. Un témoin a raconté à l’AFP que l’assaillant avait « un grain » et expliqué qu’il avait « passé une bonne partie de sa vie en prison ». Le suspect avait en effet été condamné en février 2005 à quinze ans de réclusion pour trois tentatives d’homicide volontaire, dont deux visant des policiers. Il avait reconnu les faits lors de son procès en appel.

Les faits remontaient à 2001. Circulant à Roissy-en-Brie (Seine-et-Marne) au volant d’une voiture volée, il avait pris la fuite après avoir percuté un autre véhicule. Armé d’un revolver, il avait grièvement blessé un élève gardien de la paix portant un brassard « police » et le frère de celui-ci, qui tentaient de le rattraper. Deux jours plus tard, il avait tenté de tuer un autre policier dont il s’était saisi de l’arme durant sa garde à vue.

« Marqué par la prison »

Après sa sortie de prison en juillet 2013, il avait commis, trois mois plus tard, un vol aggravé qui s’était soldé par une course-poursuite avec des policiers. Il avait été condamné en juillet 2014 à Meaux pour ces nouveaux faits à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans de sursis avec mise à l’épreuve.

« Il était marqué par la prison mais pas marqué par la religion ou autre », estime Mohammed, 21 ans, qui habite dans la petite cité HLM proche du pavillon où l’assaillant vivait avec sa mère. « Il avait une haine de la justice et de la police, explique-t-il. Il a peut-être pété un plomb en sortant de prison. » Abdel, un autre voisin de 23 ans, abonde : « Il avait une haine contre la police, contre la France. Il était marqué par la prison. Mais Daech, c’est n’importe quoi. »

Daesh a indiqué dans sa revendication que l’auteur de l’attaque était « Abu Yussuf al-Belgiki » (« le Belge »), ce qui semble en contradiction avec la piste suivie par les autorités. Les experts sont partagés sur ce point entre trois hypothèses :

  • Il a pris un nom de guerre différent, et « le Belge » indique seulement qu’il a résidé en Belgique.
  • Daesh s’est trompé de terroriste.
  • Ou il y a deux suspects, dont un encore dans la nature.

Le procureur François Molins a indiqué que l’homme semble avoir agi seul mais que des investigations sont en cours pour établir « s’il a bénéficié ou pas de complicités ».