La nouvelle a glacé le plateau. Jeudi soir, alors que les onze candidats à la présidentielle  exposent un à un leur programme sur France 2 face à Léa Salamé et David Pujadas, un drame bouleverse le cours de la soirée: avenue des Champs-Elysées, un homme a ouvert le feu sur des policiers, faisant un mort et plusieurs blessés. Une information que les journalistes et politiques ont appris en plein direct. Une situation difficile à gérer, tel que l'a expliqué Léa Salamé sur France Inter ce vendredi. 

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« Vous ne l'annoncez pas »

Alors que « tout se déroulait bien », raconte la journaliste, dont les propos ont été rapportés par Puremédias, « à 21h, on commence à entendre à l'oreillette Michel Field et les rédacteurs en chef, qui nous disent : "Léa, David, il y a une dépêche qui vient de tomber, il y a eu une attaque sur les Champs-Elysées. Un policier vient d'être abattu. Pour l'instant, vous ne l'annoncez pas. On continue le dispositif tel quel" ». Une nouvelle destabilisante au possible. 

« Vous avez une émission qui était censée être minutée, ultra statutaire, sérieuse, instructive... Soudainement, on voit cet événement qui rentre et évidemment, tout notre esprit, à nous journalistes et aux candidats, est complètement bouleversé. Comment gérer cette information en direct, tout en respectant le cahier des charges ? Il y avait déjà des candidats qui étaient passés ! », s'interroge-t-elle alors.

Ne pas céder à l'émotion

Passé l'effet de douche froide, Léa Salamé explique ensuite la complexité de la situation, notamment de ne pas céder à l'émotion. « Pour ce qui est des sentiments, on a vraiment ressenti que l'ambiance avait complètement changé, minute après minute. L'ambiance est devenue de plus en plus grave, de plus en plus lourde », décrit-elle, précisant que « la lourdeur de l'événement était palpable sur le plateau ».

« Il y avait un silence incroyable, personne ne souriait, poursuit-elle. Tout le monde s'écoutait. C'était à la fois angoissant et sobre. Il y avait quelque chose de digne de la part de tous les candidats. Dans ce moment là, j'ai eu le sentiment que tous, nous avons essayé d'être à la hauteur de ce qui se passait ».