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Les jeunes huîtres sont décimées par l'herpès virus. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Société

L'huître japonaise au secours de la France ?

consommation Les ostréiculteurs veulent régénérer leurs parcs avec des coquillages nippons

Elle les a sauvé une fois. Du coup, les ostréiculteurs du bassin d'Arcachon (Gironde) sont prêts à miser à nouveau sur l'huître japonaise pour remédier à leurs problèmes de production. Face à une mortalité des naissains, jeunes huîtres, due à l'herpès virus, Olivier Laban, président de la section conchylicole d'Aquitaine, de retour du Japon, pense à importer le coquillage nippon pour rebooster la souche.

« Un dossier très sensible »
Jusque dans les années 1970, les huîtres du Bassin étaient d'origine portugaise. Affaiblies par des maladies, elles sont remplacée avec succès par des souches japonaises. Il y a eu un réensemencement des huîtres de Charente et d'Arcachon, puis elles ont été dispatchées en France. Cette fois, la profession est consciente que la souche ne pourrait pas être importée directement dans le milieu. Les naissains, après une mise en quarantaine, seraient placés en écloserie et seule la deuxième génération serait plongée dans le Bassin. Si le projet aboutit, les deux principales régions ostréicoles du Japon : Miyagi et Hiroshima pourraient servir de viviers au Bassin. « C'est un dossier très sensible, il y a notamment un volet diplomatique qu'il ne faut pas ignorer. Ce n'est pas demain qu'on vendra des huîtres d'Hiroshima », avertit Olivier Laban. Pour Jean-Pierre Baud, biologiste et coordinateur transversal conchylicole à l'Ifremer, l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer « on n'a pas démontré d'insuffisance génétique » qui justifierait l'importation. Les scientifiques redoutent aussi l'apport de bactéries dans le milieu. L'Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire, a d'ailleurs rendu un avis défavorable au sujet de l'importation. C'est la raison pour laquelle l'Ifremer travaille essentiellement sur des pistes de sélections génétiques pour rendre les huîtres plus tolérantes à l'herpès virus. Le programme Score, sélection collective de l'huître creuse, chapeauté par la région, a été lancé au printemps. Les résultats de ces études ne seront exploitables que dans quatre à cinq ans. Reste à savoir si les ostréiculteurs pourront patienter.

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