Il a la passion de la plongée comme son père et les yeux bleus comme la mer. Pierre-Yves Cousteau est le plus jeune fils du célèbre Commandant au bonnet rouge, et comme lui il dédie sa vie aux océans et à leur protection. A l’occasion d’une programmation spéciale sur la chaîne Nat Geo Wild, Pierre-Yves Cousteau nous rappelle que les océans nous sont vitaux.
Depuis que vous vous intéressez aux mers du globe, les avez-vous vues se dégrader?
Les océans sont de plus en plus menacés par nos sociétés, partout dans le monde. Nous avons perdu au cours du dernier siècle 90% de la biomasse des poissons, principalement à cause de la surpêche et de la pollution. Les pollutions sont diverses: pollution radioactive, chimique, plastique, marées noires… Quant à la pêche, on a atteint un degré d’industrialisation qui menace les stocks de poisson d’effondrement. S’ils disparaissaient, cela laisserait plus d’un milliard de personnes sans moyen de subsistance.
Gardez-vous l’espoir que l’on puisse enrayer cela?
Oui! En 1992, tous les pays du monde ont signé la convention pour la biodiversité qui prévoyait de créer des aires marines protégées pour permettre aux océans de se régénérer. L’objectif était de 10% de la surface des océans en 2010, mais aujourd’hui on est encore en dessous de 5%. Heureusement, il y a une véritable mobilisation de différentes grandes organisations internationales qui vont tenter de convaincre les gouvernements pour protéger les espaces côtiers. Ce sont des signes encourageants de mobilisation de la communauté internationale.
Comme votre père, vous misez sur les films pour sensibiliser le grand public. Pensez-vous que c’est efficace?
Je pense que les documentaires éveillent les consciences. Mon père disait qu’il y avait trois étapes à la protection de l’environnement: connaître, aimer et protéger. Je ne veux absolument pas moraliser ou terroriser mais plutôt montrer la beauté de la nature, son côté sauvage qui résonne fortement dans notre âme humaine. C’est ce côté indompté de la nature qui nous rappelle que nous faisons partie malgré nous de ce spectacle et que les océans sont indispensables si nous voulons rester en vie, en bonne santé et avoir accès à dignité humaine que nous procure l’émerveillement.