Les chiffres rapportés par Olivier Laban, président des ostréiculteurs du Bassin d’Arcachon, sont éloquents: 60 à 80% de mortalité sur les huitres nées en écloserie et 30% sur les huitres naturelles, au lieu de 10 à 15% habituellement. La situation a été difficile pendant un mois et demi environ, à partir de début juillet. La plupart des huitres concernées sont adultes et proviennent d’une dizaine d’écloseries situées en Vendée, en Charente et en Normandie. Elles sont ensuite élevées en milieu naturel sur le Bassin d’Arcachon. Avec les ventes directes, les marchés et le soutien des restaurateurs les producteurs ont développé les ventes estivales pour en faire «un Noël pendant l’été». Cette mortalité intervient donc à un très mauvais moment.
Les conditions météo en cause
Une mortalité inhabituelle dont les causes sont encore difficilement identifiables. Les fortes pluies qui se sont abattues sur le département jusqu’à la fin du mois de juin auraient fait baisser la salinité des eaux du Bassin. «Or, les huîtres creuses s’élèvent dans l’eau salée, pas dans l’eau saumâtre», pointe Olivier Laban. Les fortes variations de températures ont aussi perturbé le milieu. Ce sont des pistes qui restent à confirmer par l’institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). «On espère que ces hypothèses seront retenues car elles sont passagères et d’origine naturelle. Le pire serait la découverte d’un nouvel agent pathogène», commente le président des ostréiculteurs du Bassin d’Arcachon. Des prélèvements ont déjà eu lieu dans le secteur du Grand Banc et, mi-septembre, un autre secteur du Bassin sera analysé par l’Ifremer pour éclaircir les causes de ces décès.
Deux générations vont permettre de compenser
S’il est trop tôt pour se prononcer sur les conséquences de ces pertes, Olivier Laban veut à tout prix éviter le catastrophisme: «Il y aura un trou mais pas de pénurie », relativise t-il. Les ostréiculteurs gèrent des problèmes de stocks depuis quatre ans puisque les jeunes huitres naturelles et d’écloserie meurent en quantité dès la première année. Trois tranches d’âges sont représentées dans les parcs, les deux qui n’ont pas été touchées cet été vont permettre de compenser. «La profession, qui a d’énormes capacités d’adaptation, va faire face. Elle n’a pas le choix», conclut le président des ostréiculteurs d’Arcachon.