« Bienvenue à Roland-Garros ! ». Le poncho trempé collé au front, les hôtes et hôtesses d’accueil du tournoi lancent leur sourire le plus optimiste possible au public qui s’insulte sans doute lui-même – inspiré par Benoît Paire ? – pour avoir posé sa RTT-Roland pile ce jour-là. Allez, on garde le moral, on y croit, la deuxième journée sera meilleure. Non ? Les matchs étant repoussés à 13h, et alors que revient la rituelle question du toit, on a bien le temps d’appeler un prévisionniste de Météo France pour lui réclamer la vérité, toute la vérité : à quoi s’attendre pour la quinzaine ?
Mot-clé de la première semaine : instable
Entend-il l’imploration dans notre voix ? L’honnêteté oblige Jérôme Lecou à doucher nos espoirs : « La région est sous un axe pluvieux depuis les orages de samedi, le gros de la pluie est en train de passer. On aura une accalmie dans l’après-midi, mais avec quelques averses. » Oubliez le temps sec pour ce lundi. Mardi, alors ? « Ça s’améliore avec une ambiance chargée en nuages, et ce sera complètement sec. » Mercredi ? « Le ciel sera plus lumineux le matin, mais des averses vont remonter et ça pourra déborder sur le sud de l’Ile-de-France. »
Le répit de mardi sera de courte durée, donc. « Jeudi, le début de la journée se fera sous le soleil, mais en fin de journée quelques ondées orageuses qui circulent du sud-ouest au nord-ouest peuvent tangenter [frôler] l’Ile-de-France » Conseil spécial tennis : « Pour Roland-Garros, ça permettra de jouer mercredi et jeudi sans problème, même s’il y a toujours un risque d’averses. »
Et après, c’est grand beau, panamas et coup de soleil pour Patrick Bruel? Toujours pas, malheureux. Sur la deuxième partie de la semaine, la tendance est « à l’orage », et le temps est « instable » vendredi, samedi et dimanche, avec des journées qui vont « bien commencer, avec un air assez doux », mais aussi des risques d’averses en fin de journée après-midi.
La faute au mois de mai
On a compris le message : les programmateurs de Roland-Garros vont s’arracher les cheveux avec tous ces reports de matchs. Même la deuxième semaine nous réservera « un temps instable », sans embellie, malgré des températures plus clémentes. Bref, c’est pas joyeux. Face à notre détresse, le prévisionniste nous propose d’en vouloir au mois de mai. « Roland-Garros, c’est toujours changeant. On a tous les types de temps possibles, car c’est caractéristique du mois de mai, qui a encore des contrastes très marqués. On a eu des quinzaines sans une goutte et d’autres très perturbées. » Lors des cinq dernières éditions, il a très précisément plu près d’un jour sur trois porte d’Auteuil, ont même calculé les Décodeurs du Monde.
« L’axe pluvieux va s’évacuer, mais il faut être patient. Bon courage », conclut le prévisionniste. Optimiste, bien que peu convaincant. Comme les hôtes de la porte d’Auteuil sous leurs ponchos.