Un poisson-lapin à queue tronquée, en juillet 2008, dans un aquarium du Parc marin de la Côte Bleue à Carry-le-Rouet — A.-C. Pouloujat / AFP

ESPECES INVASIVES

Alerte! Le poisson-lapin et le poisson-ballon menacent la Méditerranée

Le premier dévore des algues cruciales pour la survie de nombreuses espèces et le second concurrence les pêcheurs…

  • Déclarées « invasives », les deux espèces poisson-lapin et poisson-ballon sont arrivées depuis la mer Rouge via le canal de Suez.
  • Elles sont traquées dans plusieurs pays du pourtour méditerranéen.

Le laboratoire Ecomers, à l’université de Nice-Sophia-Antipolis, l’a désigné ennemi public numéro 1. Déjà bien implanté à l’est de la Méditeranné, le poisson-lapin fait ainsi l’objet d’une fiche « Wanted ! », comme un avis de recherche, pour éviter qu’il ne colonise aussi la partie occidentale de la mer.

Ce spécimen, qui dévore des algues cruciales pour la survie de nombreux autres animaux marins, ainsi que le poisson-ballon, concurrent des pêcheurs, sont traqués dans plusieurs pays du pourtour méditerranéen.

Déclarées « invasives », les deux espèces sont arrivées depuis la mer Rouge via le canal de Suez, relève l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Des récompenses aux pêcheurs de poisson-ballon

A Chypre, le département de la Pêche et le ministère de l’Agriculture ont mis en place, avec l’Union européenne (UE), un programme récompensant les captures de Lagocephalus sceleratus, le poisson-ballon pour contrer cette espèce toxique qui dévorent crevettes, crabes et poissons indigènes et s’attaquent aux prises des pêcheurs.

Ces derniers reçoivent trois euros par kilo de poisson-ballon pêché. Entre 2012 et 2015, plus de 83 tonnes ont ainsi été sorties des eaux pour un paiement cofinancé par Chypre et l’UE de près de 250.000 euros. Le programme se poursuit jusqu’en 2020.

La prolifération du poisson-lapin « serait une catastrophe écologique »

Le poisson-lapin, le Siganus luridus, herbivore et déjà très présent en Méditerranée orientale - sept poissons sur dix pêchés au Liban sont des poissons-lapins, est lui surveillé de près pour éviter qu’il ne colonise l’ouest de cette mer.

Sa prolifération qui aboutirait à « la disparition des forêts d’algues dressées serait une catastrophe écologique », estime Patrice Francour, le directeur-adjoint du laboratoire Ecomers, en rappelant que ces algues sont « de véritables nurseries pour de nombreux juvéniles de poissons et d’invertébrés ».

« Pour la Méditerranée occidentale, la meilleure stratégie actuelle est la détection précoce de tout nouveau poisson-lapin. Cela permet alors de l’éradiquer », dit-il.

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