Bordeaux, 2 mars 2014. - Immobilier a Bordeaux, quartier Saint-Michel. quartier de la gare Saint-Jean et vue sur le Boulevard Albert 1er. - Photo : Sebastien Ortola — SEBASTIEN ORTOLA

LOGEMENT

Bordeaux: Mille annonces Airbnb illégales transmises à la mairie

Le conseiller municipal d’opposition (PS) et fondateur de l’observatoire Airbnb Matthieu Rouveyre envoie un nouveau signal à la mairie pour que l’enregistrement des loueurs de meublés touristiques s’accélère…

  • Depuis mars 2018, les loueurs qui ont un bien sur Airbnb doivent s’enregistrer auprès de la mairie de Bordeaux.
  • L’observatoire Airbnb estime que leur nombre, 10 % environ, est insuffisant et communique 1.000 annonces illégales (non enregistrées) aux services municipaux.
  • La mairie de Bordeaux juge les premiers mois de mise en place du dispositif encourageants.

Deuxième ville la plus « Airbnbisée » après Paris selon l'observatoire Airbnb, Bordeaux a mis en place depuis mars 2018 une réglementation limitant notamment à 120 jours par an la location d’une résidence principale pour les particuliers sur des plateformes de type Airbnb, après un vote du conseil municipal en juillet 2017.

A l’approche de la rentrée universitaire, qui s’annonce, elle aussi, marquée par une pénurie de logements, l’observatoire annonce qu’il va transmettre 1.000 annonces illégales à la mairie pour « donner un petit coup de main » aux services et accélérer la mise en œuvre du dispositif. Celui-ci doit permettre de limiter le phénomène de confiscation de logements au sein du parc locatif privé et de concurrence déloyale des loueurs vis-à-vis des hôteliers.

Seuls 10 % des loueurs sont enregistrés

Selon les derniers chiffres consolidés de l’observatoire, plus de 12.500 logements bordelais dont près de 10.000 logements entiers figuraient en mars 2018 sur la plateforme de location touristique. Et à ce jour seuls 10 % des loueurs se sont enregistrés auprès des services de la mairie. « C’est très faible, estime Matthieu Rouveyre, fondateur de l’observatoire et conseiller municipal d’opposition (PS) à Bordeaux. Le numéro d’enregistrement est un minimum requis pour s’assurer du respect de la réglementation et éviter qu’il n’y ait 120 annonces sur Airbnb et 120 autres sur Le Bon Coin, par exemple. C’est un minimum. » Il rappelle que les amendes peuvent atteindre 50.000 euros au civil et 80.000 euros au pénal.

Un tri a été effectué parmi les nombreuses annonces émanant de loueurs non enregistrés : « nous avons sélectionné les 1.000 les plus actives [en fonction du nombre de commentaires laissés par les locataires] », précise le fondateur de l’observatoire. La concurrence de Airbnb sur le marché locatif n’est pas seule en cause, rappelle-t-il, évoquant le manque de logements sociaux et ceux destinés aux étudiants sur la métropole girondine.

« On va dans la même direction »

De son côté la municipalité estime que la mise en œuvre de la réglementation est encourageante. « Plus de 198 immeubles ont été visités et 44 procédures ont été lancées, constate Elizabeth Touton, adjointe au maire en charge de l’urbanisme et du logement. C’est un rythme relativement soutenu. » Depuis mars, 193 loueurs ont aussi renoncé à leur activité, notamment parce qu’ils ne pouvaient répondre aux exigences compensatoires requises (la création d’un logement de même taille dans un rayon proche). Elle souligne que les loueurs non enregistrés ne sont pas à l’abri des contrôles, attirant d’autant plus l’attention de ses services.

« Avec l’observatoire, on va dans la même direction : il faut modérer cette activité, assure Elizabeth Touton. On veut que ce règlement qu’on a tous voté puisse être mis en œuvre. » L’élu PS reconnaît quant à lui les efforts de la majorité pour limiter ce phénomène « d’Airbnbisation » avec la mise en place d’une cellule dédiée à ces contrôles mais estime qu’il est temps de « prendre le taureau par les cornes ». La municipalité prévoit un premier bilan dans quelques semaines.

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