Okko et les fantômes de Kitarô Kôsaka — Eurozoom

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«Okko et les fantômes»: Un ex de Ghibli redonne aux morts le goût de vivre (et de manger japonais)

Un ancien collaborateur d’Hayao Miyazaki au studio Ghibli parle de son premier film sur une jeune héroïne qui redécouvre les plaisirs simples de la vie pour se remettre d’un deuil…

  • Le réalisateur Kitarô Kôsaka confronte une fillette vivante à des spectres qui lui redonnent goût aux choses simples.
  • « Okko et les fantômes » est un film lumineux découvert cette année au Festival d’Annecy.

Okko et les fantômes, présenté cette année au Festival d’Annecy, fait partie de ces films qui donnent envie, une fois sorti de la salle, de foncer prendre un billet pour le Japon. Kitarô Kôsaka, ex-animateur aux studios Ghibli, collaborateur d’Hayao Miyazaki sur Le vent se lève notamment, signe une première réalisation délicieuse autour d’une petite orpheline tentant de faire le deuil de ses parents dans l’auberge de sa grand-mère.

« Okko croise de nombreux spectres parmi les clients de l’hôtel qui, malgré leur condition, sont plus vivants qu’elle », explique le réalisateur à 20 Minutes. Cette nouvelle sortie du distributeur Eurozoom est digne des précédentes comme Miss Hokusai ou Your Name : la beauté des images y est tout autant au rendez-vous que la qualité d’un scénario où une gamine retrouve goût à la vie entourée de spectres bienveillants.

L’envie d’avoir envie

Portant à l’écran l’œuvre monumentale d’Hiroko Reijo, Kitarô Kôsaka a centré son récit sur les détails de la vie ordinaire. « Okko a perdu toute envie après le décès de ses parents qu’elle refuse d’accepter, raconte le réalisateur. Elle se réfugie dans le travail quotidien et finit par retrouver du réconfort en apprenant à se consacrer aux autres et à les rendre heureux. » Un petit garçon fantôme aide ainsi la fillette à apprécier ses nouvelles fonctions au service d’une clientèle soucieuse de confort comme de bonne chère, remède idéal contre le vague à l’âme.

Donner faim par le dessin

Les amateurs de cuisine japonaise auront l’eau à la bouche devant les petits plats que l’héroïne apporte aux visiteurs. « Les fantômes partagent ces friandises qu’il fallait rendre appétissantes, ce qui n’est pas évident en dessin », explique Kitarô Kôsaka. Le retour à la vie de la gamine passe par la gastronomie, tandis qu’elle s’initie à l’art du service et de la cuisine. « Les spectres sont encore attachés aux sensations du monde matériel qu’Okko boude au début du film, estime le cinéaste. C’est ce qui rend leur rencontre passionnante. » La préparation d’un entremets ou la dégustation d’un riz au saké ont l’art de mettre l’eau à la bouche.

Sensuel mais pas sexuel

Sentiments et sensations sont exacerbés. « Les sens prennent une importance capitale dans le récit parce que les fantômes les perdent au fur et à mesure qu’Okko les reconquiert », insiste le réalisateur. Le monde des vivants et celui des morts s’entremêlent pour livre une fable sur le deuil et sa guérison, des thèmes graves que Kitarô Kôsaka traite avec une élégance qui n’exclut pas l’émotion. Okko et les fantômes communique un besoin revigorant de profiter de l'’existence. On crie « Oiishi » (« délicieux ») avec les héros !

 

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