Romain Neauport a parcouru 12 000 km en vélo solaire — 02 Feel

AVENTURE

VIDEO. Lille: De la France à la Chine, un Nordiste a parcouru 12.000 km en vélo solaire

Romain Neauport, 33 ans, a participé au Sun Trip, une course réservée aux vélos qui ne fonctionnent qu'à l'energie solaire...

  • Parti le 15 juin de Lyon, le Nordiste a mis deux mois et demi pour rejoindre la ville chinoise de Canton.
  • Il a roulé sur un vélo électrique rechargé par des panneaux solaires situés à l’arrière de son vélo.
  • Il a vécu de nombreuses aventures durant ce périple dont une expulsion du territoire russe.

Imaginez votre patron qui vous propose de voyager pendant deux mois et demi non-stop dans le monde aux frais de l’entreprise. Ce rêve, qui ne deviendra jamais réalité pour 99,9999 % de salariés, a pourtant été réalisé par Romain Neauport. Ce Lillois de 33 ans est parti parcourir le monde à vélo cet été. Du 15 juin au 29 août, il a traversé huit pays (France, Italie, Slovénie, Hongrie, Ukraine, Russie, Kazakhstan, Chine) pour finir son périple dans la ville chinoise de Canton.

Une course de vélos solaires

Pour être un peu plus précis, Romain a participé à la Sun Trip, une course de vélos qui ne fonctionnent qu’à l’énergie solaire. Pour entrer encore plus dans les détails, le Nordiste travaille pour 02 Feel, entreprise basée à Wambrechies (Nord), qui fabrique des vélos électriques. Et pour être franc, s’il a pu partir réaliser cette aventure, c’était surtout pour tester le vélo mis au point par les ingénieurs de sa société.

Romain Neauport a fini huitième (sur 60) du Sun Trip - 02 Feel

« Le principe de la course est de montrer qu’on peut être totalement autonome en énergie avec un vélo électrique grâce aux panneaux solaires. Il n’y a pas d’autre recharge possible que les panneaux solaires. Si beaucoup de participants font cette course avec des prototypes, nous, on a décidé de faire ça avec l’un de nos VTT », explique Romain.

Trouver le trajet le plus ensoleillé

Sur le papier, l’appareillage est donc simple. Un vélo électrique auquel est rattachée une remorque sur laquelle se trouvent les panneaux solaires mais aussi les affaires et vivres pour deux mois et demi d’aventure.

Romain Neauport à son arrivée à Canton - 02 Feel

Voilà pour l’inventaire mais dans les faits, les choses sont un peu plus compliquées. Car tout ça pèse lourd (65 kg). Et surtout, tout dépend du soleil. S’il est au zénith, vous avancez vite. S’il a décidé de disparaître, comme c’est le cas cette semaine à Lille, vous restez à quai ou presque.

« Quand il n’y a pas de soleil, il faut s’adapter »

« On est un peu comme les marins avec leurs voiliers. On est totalement dépendants des conditions météo. Quand il n’y a pas de soleil, il faut s’adapter soit en y allant à l’énergie humaine, soit en changeant son itinéraire. C’est toujours un peu d'improvisation », reconnaît l’aventurier.

Mais ce n’est pas parce que le soleil brille à un endroit que vous avez forcément le droit de le rejoindre. « Par exemple, au Kazakhstan, il n’y a qu’une seule route donc on n’a pas le choix. Et puis, il y a aussi des routes interdites pour cause de conflits politiques comme le Pakistan, l’Afghanistan ou encore la Crimée », explique Romain Neauport.

Interdit de territoire russe

Il y a aussi les aléas de la course qui vous donnent des souvenirs pour une vie. Comme en Russie où Romain a pris du retard et s’est retrouvé avec un visa de transit arrivé à expiration. 

« J’avais fait le pari de me dire qu’il n’y aurait peut-être moyen de négocier en laissant un petit billet à la frontière. Mais pas du tout. On ne m’a pas laissé passer et j’ai dû aller au poste de police. Là, on m’a dit que j’avais enfreint la loi russe et que j’étais illégal sur le territoire. J’ai donc eu une amende à payer, été expulsé et interdit du territoire russe pour une durée de cinq ans. Aujourd’hui, j’en rigole mais sur le moment, je n’étais pas très content. »

Romain lors de l'un de ses nombreux bivouacs - 02 Feel

Une moue qui a vite disparu du visage du Nordiste. Au niveau sportif, le Lillois a terminé à une belle 8e place (sur soixante participants). Au niveau personnel, l’aventurier a aussi fait plein de rencontres et en a pris plein la vue. Et puis au niveau pro, son vélo a tenu le coup jusqu’au bout pour le plus grand bonheur des ingénieurs de sa société. Car cette épopée va forcément donner des idées et envisager dans un futur plus ou moins proche de construire des vélos solaires pour le grand public.

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