Philippe Folliot, Barbara Pompili, Richard Ferrand et Cendra Motin briguent la présidence de l'Assemblée. — ROMUALD MEIGNEUX // PDN // MATHIEU PATTIER //NICOLAS MESSYASZ

SCRUTIN

Assemblée nationale: Chez les marcheurs, la course à la présidence provoque des remous entre Ferrand et ses challengers

Richard Ferrand, Barbara Pompili, Cendra Motin et Philippe Folliot briguent la présidence de l'Assemblée nationale...

  • Nommé ministre mardi, François de Rugy laisse vavant le perchoir de l'Assemblée nationale.
  • Pour lui succéder, quatre députés marcheurs devront être départagés par un vote lundi lors du séminaire de rentrée du groupe parlementaire à l'Assemblée.
  • Ce scrutin interne est le sujet de discussion numéro 1 entre des élus macronistes divisés.

Qui obtiendra le quatrième poste politique le plus prestigieux de la République ? La question attise les convoitises chez La république en marche, assurée d’obtenir la présidence de l’Assemblée avec sa majorité de plus de 300 députés. Le successeur de François de Rugy, nommé ministre de la Transition écologique mardi, sera élu mercredi 12 septembre. Il n’y aura qu’un ou une candidat(e) macroniste, qui doit être désignée lundi à Tours où les députés LREM seront réunis avant la rentrée parlementaire.

Yaël Braun-Pivet jette l’éponge

Ce scrutin interne révèle des rivalités et des clans au sein du groupe parlementaire. Ils étaient cinq candidats mercredi, date butoir pour se présenter, jusqu’au retrait surprise de l’un d’eux ce jeudi. Yaël Braun-Pivet, présidente de la Commission des Lois a annoncé par communiqué qu’elle se retire de la course et rallie Richard Ferrand. Le matin même, elle avait pourtant des mots très durs pour le président du groupe parlementaire. « Ma candidature n’est pas contre Richard Ferrand » avait-elle assuré sur RTL avant d’ajouter que sa candidature « n’est pas à la hauteur de notre mouvement et des aspirations des Français au renouvellement ».

Yael Braun-Pivet, présidente de la commission des Lois de l'Assemblée, le 23 juillet 2018. - Francois Mori/AP/SIPA

L’élue des Yvelines a finalement rétropédalé quelques heures plus tard : « je choisis aujourd’hui d’annoncer le retrait de ma candidature et mon choix personnel de voter pour Richard Ferrand » car « je retrouve dans son projet les propositions que je porte pour poursuivre la transformation de l’institution dans laquelle nous nous sommes engagés ».

Ce retrait a surpris ses collègues. « Ça ne fait pas sérieux d’être aussi agressif pour soudainement changer d’avis », lâche un soutien de Richard Ferrand. Dans l’opposition mais aussi chez les marcheurs, de nombreux élus ont critiqué la présidente de la commission des Lois pour sa gestion des auditions de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Benalla.

Richard Ferrand, favori de l’Elysée

Dans cette campagne interne, chacun soutient passionnément son candidat. Les déclarations de vote fleurissent sur les comptes Twitter des députés marcheurs.

Le président du groupe et député du Finistère fait figure de favori et selon Le Parisien c’est l’Elysée qui est derrière sa candidature. Il s’agirait d’une prime à la loyauté pour ce marcheur de la première heure. « Il était au tout début avec Macron, c’est la reconnaissance du ventre. Il faut faire confiance aux précurseurs de cette aventure », plaide Joachim Son-Forget, député des Français de l’étranger. « Il faut quelqu’un dont la loyauté n’est pas questionnable », complète-t-il au sujet de celui pourrait présider l’une des deux chambres législatives du pays.

L’issue du scrutin semble si peu incertaine que les soutiens de Richard Ferrand discutent déjà de l’étape d’après : qui pourrait remplacer le président du groupe parlementaire ? Il lui faudra auparavant battre les trois candidats (Philippe Folliot, Barbara Pompili et Cendra Motin, députée de l’Isére) lors du vote à bulletin secret lundi matin.

Pompili, proche de Rugy

Le premier, député du Tarn issu des rangs centristes, était déjà candidat en juin 2017. La deuxième, élue dans la Somme et proche de François de Rugy car issue des rangs écologistes comme lui, est soutenue notamment par les députés écolo-macronistes, mais pas uniquement. « Il y a un nouveau monde à bâtir, et Barbara Pompili incarne les attentes écologistes et paritaires », assure le député des Bouches-du-Rhône François-Marie Lambert qui juge pour l’instant que son parti « fait beaucoup de déclaratif » sur ses deux sujets. « La vieille politique, ce serait que Richard Ferrand soit le seul candidat », avait répliqué Benjamin Griveaux aux critiques mardi.

L’argument de la portée symbolique de l’élection d’une femme au perchoir est repris par de nombreux députés macronistes. Ce poste n’a jamais été occupé par une députée. « Si c’était vraiment l’enjeu de la cause des femmes, pourquoi ne pas avoir fait une seule candidature féminine ? », s’interroge un partisan de Richard Ferrand. « A ce poste, on a besoin de quelqu’un d’expérimenté », renchérit un autre député du parti qui a tant prôné le renouvellement et l’entrée de novices en politique.

Le débat fait un peu désordre et rappelle les cafouillages survenus lors de l’élection du patron du parti en novembre dernier. En un an, le parti s’est toutefois habitué à ces remous internes, notamment lors du débat houleux sur la loi sur l’immigration.

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