Le patron de Tesla, Elon Musk fume un joint sur le plateau de l'animateur Joe Rogan, en Californie, le 6 septembre 2018. — SIPA/CAPTURE VIDEO

«HIGH» TECH

Elon Musk fume un joint en direct, Tesla plonge à Wall Street

Le patron du constructeur automobile n'a pas vraiment rassuré les investisseurs sur sa capacité à traverser la tempête actuelle...

Elon Musk plane et Tesla plonge. Buvant du whisky et fumant du cannabis lors d’une interview déjantée, jeudi soir (c’est légal en Californie), Elon Musk, le charismatique PDG de Tesla, a provoqué la stupeur, renforçant les doutes sur sa capacité à diriger le constructeur de véhicules électriques à un moment crucial de son histoire.

Dans le même temps, l’exode des dirigeants se poursuit au sein de l’entreprise, avec le départ cette semaine du chef comptable, un mois seulement après son arrivée, et de la directrice des ressources humaines. A Wall Street, le titre perdait près de 7 %, à la mi-journée, vendredi, à 252 dollars. Un plus bas en cinq mois, alors que Tesla est visé par une enquête du gendarme de la Bourse provoquée par le projet avorté de Musk de retirer son entreprise des marchés.

« Des questions sur le discernement d’Elon Musk »

Dans la nuit de jeudi à vendredi, le milliardaire de 47 ans s’est épanché pendant près de deux heures sur le podcast du comédien Joe Rogan. Environ 90.000 personnes ont suivi l’émission diffusée en direct sur YouTube. Musk a d’abord joué avec un lance-flammes en coulisses avant de siroter du whisky et de tirer quelques lattes sur un joint, se lançant dans un débat existentiel sur le futur des transports, les dangers de l’intelligence artificielle et le potentiel des puces cérébrales. Il a toutefois assuré qu’il ne fumait « pas souvent » du cannabis, à cause des effets néfastes sur la productivité.

Bref, Musk a fait du Musk, ce qui n’a pas vraiment rassuré Wall Street. « Cette interview soulève des questions supplémentaires sur le discernement d’Elon Musk », estime le site d’informations financières The Street.com. Sans compter qu’il doit partager son attention entre les voitures de Tesla, les fusées de SpaceX, les tunnels de la Boring company et la neuroscience de Neuralink.

Semaine de 120 heures

En août, Elon Musk avait révélé son état d’intense fatigue et de stress lors d’un entretien au New York Times, qui le décrivait comme « passant du rire aux larmes » au cours de la conversation. Le fantasque patron se disait épuisé par des semaines de 120 heures, au point de devoir prendre de l’Ambient, un puissant somnifère, pour dormir.

Une semaine plus tôt, il avait annoncé avec fracas dans un tweet qu’il avait l’intention de retirer Tesla de la Bourse au prix de 420 dollars (une référence au cannabis), affirmant que le financement était « bouclé ». Sauf qu’il a reconnu par la suite qu’il s’était avancé, et il a renoncé à son projet. Le gendarme de la Bourse, la SEC, a ouvert une enquête qui devra déterminer si Musk a cherché à manipuler le cours de l’action Tesla, qui avait bondi à l’annonce.

Les interrogations sur sa fragilité mentale sont venues s’ajouter aux doutes des investisseurs sur la capacité de Tesla à remplir ses objectifs de production alors même que le groupe n’a jamais dégagé de bénéfice sur une année entière en quinze ans d’existence et brûle presque un milliard de dollars par trimestre. Pour l’instant, Elon Musk a reçu le soutien des huit membres du Conseil d’administration de l’entreprise, qui serait à la recherche d’un numéro deux pour l’épauler. Le temps presse : en un mois, Tesla a vu plus d’un cinquième de sa capitalisation boursière partir en fumée.

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