Julia exerce le métier de mannequin au Canada et aux Etats-Unis. — Capture d'écran Instagram

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«Tu es trop curve!»… Le coup de gueule d’une mannequin qui dénonce sur Instagram le diktat de la maigreur

Julia, mannequin au Canada et aux Etats-Unis, a raconté sur les réseaux sociaux l’entretien qu’elle a récemment passé dans une agence de mode parisienne…

« Je m’appelle Julia, j’ai 25 ans, je mesure 1,72 m et je fais un 36-38 ». C'est par ces mots que débute le récit de Julia, une jeune mannequin à qui l’on a conseillé de perdre du poids pour pouvoir décrocher un contrat dans une agence de mode parisienne. Révoltée, la jeune femme a décidé de partager sa mésaventure sur Instagram et Facebook.

« Il y a quelques semaines, j’ai rencontré une agence parisienne qui m’avait recrutée à distance, afin de me faire travailler sur le marché européen. Cette agence, que je ne nommerai pas, avait mis en avant son ouverture d’esprit et avait stipulé qu’elle ne me demanderait pas de maigrir », raconte Julia.

« On parle de quatre tailles, je n’ai plus qu’à me raboter les os des hanches »

Arrivée sur place, le rendez-vous vire au cauchemar pour la jeune femme. « Ah, mais en fait tu es très très curve ! (…) 99 centimètres, c’est beaucoup trop ! C’est vraiment trop curvy ! (ronde) », lui aurait lancé l’une des responsables de l’agence. Le verdict ne tarde pas à tomber : Julia doit perdre « 6 centimètres de hanches, grand minimum ».

« On parle de quatre tailles, je n’ai plus qu’à me raboter les os des hanches (…) Sachez que je ne maigrirai pas pour vous, mais si je peux me permettre, je ne pense pas qu’il soit possible d’effectuer un si gros changement tout en étant en bonne santé », aurait alors répondu Julia.

« Regarde à « Koh Lanta », ils s’affament et ils réussissent à être maigres, eux »

La responsable de l’agence parisienne ne se démonte pas. « Si, si c’est possible ! Regarde dans les émissions comme Koh-Lanta, où des gens vont sur des îles désertes, ils s’affament et ils réussissent à être maigres, eux ».

Consternée, Julia décide alors de partir. Alors qu’elle s’apprête à quitter les lieux, son interlocutrice lui fait une dernière remarque : « Tu sais, Julia, les obèses, ça marche aux États-Unis, mais pas ici. »

« Si cela m’était arrivé plus tôt, au début de ma carrière, j’aurais été détruite »

Après avoir raconté sa mésaventure sur les réseaux sociaux, Julia a reçu de très nombreux soutiens, mais elle souhaite avant tout que « son témoignage soit lu pour sensibiliser les personnes autour de ce genre de pratique et cesser de les normaliser, mais surtout pour que les filles qui ont déjà vécu des expériences similaires puissent se reconnaître dans mon témoignage et réaliser qu’elles ne sont pas seules ».

« Mon âge et mon expérience m’ont aidée à relativiser ce rendez-vous, ce ne serait peut-être pas le cas d’autres filles. Si cela m’était arrivé plus tôt, au début de ma carrière, j’aurais été détruite. Je suis consciente de ne pas être la première ni la dernière victime de ce type d’expériences, qui sont malheureusement communes », a expliqué Julia au site Causette.

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