Richard Ferrand et Edouard Philippe à Tours devant les députés macronistes le 11 septembre 2018. — GUILLAUME SOUVANT / AFP

REPORTAGE

A Tours, Edouard Philippe resserre les rangs de la majorité avant une «année de bagarre»

Le Premier ministre s’est exprimé devant les députés et les journalistes ce mardi à Tours (Indre-et-Loire) en clôture du séminaire des parlementaires de La République en marche…

  • Edouard Philippe était ce mardi à Tours pour une réunion du groupe parlementaire LREM.
  • Il a ensuite prononcé un discours devant les élus macronistes et les journalistes.

De notre envoyée spéciale à Tours (Indre-et-Loire),

Rien de tel qu’un peu d’humour pour remotiver les troupes. Après avoir élu leur candidat pour le perchoir de l'Assemblée lundi, les députés de La République en marche se sont un peu détendus ce mardi matin en écoutant le discours d’ Edouard Philippe. Le Premier ministre a digressé de la politique à la littérature, sans se priver de quelques bons mots et clins d’œil, lorsqu’il a cité, sous les rires, le livre En marge, en insistant bien sur le « g », ou en racontant qu’il écoutait France Inter le matin, ce qui lui causait « parfois des surprises ». Mais après les blagues, place au sérieux.

« Une année de bagarre »

L’ancien maire du Havre, qui n’est pas membre de LREM, a exhorté les parlementaires de la majorité à sortir du « tourbillon de l’actualité », leur prédisant « une année de bagarre ». Les députés se retrouvent à l’aube d’une rentrée difficile, le Premier le reconnaît. « Lorsque les choses semblaient simples il y a an, il m’est arrivé de vous dire qu’elles seraient plus compliquées. Je ne m’étais pas trompé. »

Face aux difficultés, Edouard Philippe a choisi d’être combatif et de marteler les « mantras » macronistes, rappelant que la majorité doit agir pour « une France de l’émancipation et de la solidarité réelle ». « J’entends parfois que le gouvernement ne marche pas sur ses deux jambes, c’est faux », a-t-il lancé aux députés dont certains ont fait part de leurs inquiétudes et réclamé des mesures sociales au gouvernement.

Il a appelé les élus assis dans l’auditorium du centre des congrès (250 selon LREM) à se « consacrer à l’essentiel », à savoir le programme de réformes d’Emmanuel Macron, qu’il a de nouveau longuement détaillé.

Pluie de réformes et soutien sans failles au gouvernement

Le calendrier parlementaire s’annonce très chargé : les députés vont devoir examiner et faire adopter cet automne des textes sur l’alimentation, la fraude fiscale, l’entreprise, en plus des lois de finance. « La rentrée est dense », note Richard Ferrand, mais « nous sommes plus aguerris au travail parlementaire », assure le futur président de l'Assemblée nationale, qui a géré pendant 15 mois un groupe de plus de 300 députés dont de nombreux novices.

Cette stratégie du tapis de bombes aboutissant à un agenda parlementaire chargé est peut-être habile car « dès qu’on sort du programme, c’est le bordel, on n’est pas d’accord sur certains sujets », observe une députée. Avant le discours du Premier ministre, Richard Ferrand avait assuré que « jamais » les députés LREM ne « feraient défaut » au gouvernement.

« La vacuité de ces rencontres »

Dans la salle, quelques-uns prennent des notes, beaucoup regardent leur téléphone. Ça applaudit chaleureusement à la fin, en se levant. A la sortie, les troupes sont souriantes. « Ce genre de discours nous redonne de la perspective », souligne la députée de l’Isère Cendra Motin, candidate malheureuse au perchoir. « C’était très sincère et simple, je l’ai trouvé honnête et motivant pour redonner du champ », abonde le député des Français de l’étranger Joachim Son-Forget. Une motivation dont « certains avaient besoin », glisse une députée. En marge de ce concert de louanges, un député déplore toutefois « la vacuité de ces rencontres ».

« Il a raison de souligner les difficultés qui nous attendent », note de son côté la députée des Yvelines Aurore Bergé. « L’élection du futur président du groupe est potentiellement dangereuse, il y a un risque pour notre cohésion », glisse-t-elle au sujet du nouveau scrutin interne qui doit avoir lieu le 18 septembre.

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