Lionel Franc aka Loulou le plongeur des calanques. — C. Simon / AFP

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VIDEO. Marseille: Le plongeur Lionel Franc va tenter le grand saut dans les calanques

Lionel Franc pratique le « plongeon de haut vol par la tête », une discipline qu'il a plus ou moins inventée...

  • Lionel Franc, surnommé « loulou des calanques », va bientôt tenter de plonger, par la tête, à 33 mètres de haut. 
  • Objet de tous les fantasmes, le plongeon, à Marseille, suscite bien des légendes et des petites fâcheries.

Tout Marseille plonge. Les plus jeunes au Mucem, les plus vaillants sur la Corniche, les plus friqués au Cercle des nageurs. Tout Marseille plonge, et pourtant Lionel Franc est le seul. « Le seul à plonger de 30 mètres par la tête », martèle-t-il. 30 mètres, bientôt 33 : le 7 octobre, s’il fait beau, il tentera de battre son propre record, à En Vau.

On a plongé, nous aussi. Dans les profondeurs d’Internet. On y a découvert que Lionel Franc fouinait sur Wikipédia pour ajouter son nom à la page « plongeon de haut vol » (sans succès). On s’est enflammé devant de magnifiques images de ses sauts déguisés, à la Belmondo, ou de ses plongeons aux ralentis qu’on regarde en apnée.

On y a appris, aussi, que « Loulou des calanques » était très fâché avec le jeune Alain de Maria, déménageur-acteur-plongeur. Alain a crevé l’écran dans le film Corniche-Kennedy. Alain plonge, lui aussi. Tête la première. Et de 25 mètres. « Et dans les bars, il plonge de 40, non ? », persifle Lionel Franc, qui a formé, coaché, grondé le jeune homme, dont il dit désormais « qu’il fait n’importe quoi, qu’il fait les choses à l’envers ». Sans huissier de justice pour établir les records. Sans pompier, sans médecin urgentiste, surtout, pour assurer sa sécurité.

Impactologie et plongeon en soutane

« Moi, c’est différent, reprend Lionel Franc, à la faconde toute sudiste. Moi, je fais ça scientifiquement. J’ai fait des recherches, je sais que le danger, ce n’est pas quand mon corps frappe la surface, c’est quand il encaisse la décélération sous l’eau. Et plus tu plonges de haut, plus cette impactologie est difficile à gérer ! » Comme tous les savants fous, Lionel a des mentors. La liste est longue comme le bras. On a retenu le nom d’un certain Robert Simon, surnommé l’« abbé volant », prêtre varois qui a plusieurs fois fait le grand saut.

Les voix grinçantes de l’ORTF assurent qu’il a plongé à 36 mètres. « 25 mètres », corrige, encore une fois Lionel Franc, avant de bénir de son « immense respect » le plongeur à soutane. A 73 ans, il sautait encore de 15 mètres. « Moi, j’ai 48 balais, et j’ai encore plein de projets. J’espère rentrer plein de nouveaux tricks… Mais au compte-gouttes. Parce qu’en plongeon, la progression est très très lente. » Et un peu solitaire.

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