Albin Ebondo sous le maillot de l'ASSE face à Nice en Ligue 1, le 31 mars 2012 à Saint-Etienne. — P. Fayolle / Sipa

DEFI

«Je veux rejouer en Ligue 1», Albin Ebondo tente le «come-back» le plus fou de l’histoire du football

Alors que son dernier match de Ligue 1 remonte à mai 2012, Albin Ebondo n’en démord pas. L’ancien défenseur de Toulouse et de Saint-Etienne veut retrouver le plus haut niveau…

  • Ebondo s’entraîne de nouveau seul, après avoir effectué la préparation de la saison avec la réserve de Saint-Etienne.
  • Laurent Batlles, en charge de l’équipe B stéphanoise, évoque l'incroyanle pari tenté par son ancien coéquipier.

Les mois ont passé, six exactement, depuis la dernière fois que 20 Minutes est venu aux nouvelles. La détermination, elle, n’a pas bougé d’un poil. Albin Ebondo s’accroche toujours au rêve d’un improbable «come-back», plus de six ans après son dernier match de Ligue 1, un Saint-Etienne – Bordeaux, le 20 mai 2012 (2-3).

« J’ai 34 ans, mais physiquement, c’est comme si j’en avais 25, assure l’arrière droit formé au TFC, avant de rejoindre l’ASSE (2010-2012). Je n’ai pas quitté le foot à cause de pépins physiques, mais parce que, mentalement, je n’étais pas prêt à continuer. » Ebondo était alors devenu père au foyer pour ses deux enfants, pendant que sa femme Syrine Balti, perchiste tunisienne septuple championne d’Afrique, reprenait sa carrière. La fatigue psychologique de l’époque évacuée, l’ex-international Espoirs s’est lancé dans son pari fou début 2017. Aujourd’hui, l’objectif reste clair : « Je veux rejouer en Ligue 1. »

Merci les Verts

Pour l’heure, Ebondo s’entraîne seul à Saint-Etienne avec un préparateur physique près de son domicile, au rythme de trois séances hebdomadaires d’une heure. Cet été, il a pu participer à toute la présaison de la réserve des Verts, qui l’avait déjà accueilli un an plus tôt : « Je remercie encore le président Roland Romeyer et Laurent Batlles. »

Avec l’ancien milieu offensif de Marseille et Bordeaux, aujourd’hui coach de la B stéphanoise, Ebondo ne voyageait pas en terre inconnue. « Lolo » et « Bino » ont joué ensemble au Stadium de Toulouse, puis à Geoffroy-Guichard.

Laurent Batlles et Albin Ebondo sous le maillot stéphanois face au défenseur du TFC (et futur Vert) Cheikh M'Bengue, le 11 septembre 2010 au Stadium de Toulouse. - P. Pavani / AFP

« C’est quelqu’un de très bien dans un groupe, qui montre l’exemple, témoigne Batlles. Albin a bien travaillé. Mais il a besoin de bosser avec un collectif au quotidien, ou au moins deux, trois fois par semaine. C’est un footballeur, pas un athlète. Ce qui lui manque, c’est le temps de jeu, les repères dans l’espace, par rapport à ses coéquipiers et à ses adversaires. »

Du temps de jeu, l’entraîneur en a donné au défenseur lors d’un match amical entre équipes de National 2 (quatrième division) le 21 juillet face à Annecy. « Cela s’est très bien passé », se souvient Ebondo, aligné dans l’axe pour l’occasion. « Je voulais qu’il se teste et aussi que des personnes puissent venir le voir », explique Batlles.

6 décembre 2009. Albin Ebondo, alors au TFC, s'envole devant le Japonais de Grenoble Daisuke Matsui. - P. Fayolle / Sipa

Hormis une proposition d’un club andorran, le Marseillais de naissance reconnaît qu’il n’a pas eu de touche pour l’instant. Pas de quoi l’ébranler. « C’est un défi, ça peut marcher comme échouer. Mais je fais tout mon possible pour que ça réussisse. » « Je lui souhaite de retrouver un club du meilleur niveau possible, reprend Batlles. Mais quand tu as arrêté aussi longtemps, c’est très dur pour qu’on te refasse confiance, surtout à 34 ans. Son pari est osé. »

Le boxeur George Foreman, un exemple ?

Doux euphémisme. En fouillant dans l’histoire du sport, des retours à la compétition après une aussi longue absence sont rarissimes. Glissons pudiquement sur la tentative de Björn Borg, qui avait ressorti sa raquette en bois en 1991 après huit ans de « pause »… En revanche, George Foreman avait signé un superbe et durable come-back en 1987, à 38 ans, après dix années loin des rings. Le bilan est maigre, et difficilement transposable au foot.

Pourtant, Ebondo n’en démord pas : « Tant que mentalement, je suis frais… J’irai jusqu’au bout, je ne me suis pas fixé de date limite. » L’arrière latéral ne semble pas prêt à renoncer à disputer son 238e match de L1.

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