Depuis leur intervention pour expulser les occupants de la ZAD de Kolbsheim, les gendarmes mobiles encadrent la forêt où le déboisement a commencé ce mercredi. — G. Varela / 20 Minutes

CHANTIER

VIDEO. Evacuation d'une ZAD près de Strasbourg: Deux jours après, des arbres coupés sur le site et trois personnes interpellées

Deux jours après l'évacuation de la ZAD de Kolbsheim près de Strasbourg (Bas-Rhin), les premiers arbres ont été coupés ce mercredi sur ce site du GCO où trois militants ont été interpellés...

  • Deux jours après l'évacuation de la ZAD de Kolbsheim près de Strasbourg (Bas-Rhin), les premiers arbres ont été coupés ce mercredi sur ce site du GCO où trois militants ont été interpellés.
  • La préfecture indique que « peu avant 6h ce matin, les forces de l’ordre ont interpellé une personne qui avait proféré des injures à caractère raciste à l’encontre des gendarmes. Deux individus ayant commis des voies de fait en réaction à cette interpellation ont également été interpellés. L’usage bref d’un diffuseur lacrymogène a été nécessaire pour maîtriser ces individus ».

Dans les forêts du tracé du Grand contournement autoroutier de Strasbourg (GCO), les travaux préparatoires n'ont pas tardé. Après l'évacuation de la ZAD du Moulin, à Kolbsheim (Bas-Rhin), ce lundi à l’aube, de nombreux arbres ont déjà été coupés. A Vendenheim. Puis à Kolbsheim. Où le déboisement a commencé ce mercredi aux aurores malgré l'opposition de militants et d’élus.

Bloqués par les gendarmes quelques centaines de mètres du site du côté du village voisin d’Ernolsheim, les manifestants ont vu passer les engins de déboisement aux aurores. Une action de l’ordre du symbolique pour des militants plus que pessimistes. « Les machines tournent », ajoute Michaël Kugler, l’un d’eux. Selon lui, trois personnes ont aussi été interpellées dans des « échauffourées ».

Encore un usage de lacrymogène

Par communiqué en fin de matinée mercredi, la préfecture du Bas-Rhin confirme les trois interpellations : « Peu avant 6 heures, les forces de l’ordre ont interpellé une personne qui avait proféré des injures à caractère raciste à l’encontre des gendarmes. Deux individus ayant commis des voies de fait en réaction à cette interpellation ont également été interpellés. L’usage bref d’un diffuseur lacrymogène a été nécessaire pour maîtriser ces individus. »

De l’autre côté de la forêt, trois élus - l'eurodéputé José Bové, la députée LREM du Bas-Rhin Martine Wonner et le maire de Kolbsheim Dany Karcher - ont mené un autre cortège vers la forêt. Mais ils ont été stoppés. Avant de recevoir de nouveaux gaz lacrymogènes selon leurs affirmations. La préfecture explique de son côté : « Vers 8h45, une trentaine de manifestants ont tenté, une première fois, de franchir le point tenu par les forces mobiles n’amenant aucune intervention. À la deuxième tentative des manifestants, il a été fait un usage bref et unique du diffuseur lacrymogène. » En réaction, Dany Karcher, excédé, a brûlé son écharpe de maire. Les militants espèrent toujours pénétrer - sans heurts - sur le site pour empêcher le déboisement.

Ce mardi, 20 Minutes se demandait «que reste-t-il aux opposants pour contrer le GCO?» Déposés en référé, trois recours juridiques doivent être examinés par le tribunal administratif dans les jours à venir. Un entretien avec le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire est prévu ce jeudi. « Ce projet est validé et déjà lancé », a toutefois déclaré François de Rugy sur BFMTV.

Pas totalement abattu, Michaël Kugler, désormais ex-occupant de la ZAD, confie de nouveau sa « frustration » devant ce qu’il voit comme un passage de force : « Quand Vinci et le préfet du Grand Est annoncent qu’il n’y aura pas de coupes, on voit qu’ils ne respectent pas ce qu’ils disent. Nous, on attend juste de la justice. Ils se précipitent sans attendre les décisions des recours déposés… »

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