Session de vote au Parlement européen, le 13 juin 2018 (image d'illustration). — FREDERICK FLORIN / AFP

POLITIQUE

Valeurs de l'UE: Le Parlement européen lance une procédure pouvant conduire à des sanctions contre la Hongrie

Le rapport de l’eurodéputée Judith Sargentini (Verts) établit une longue liste de « préoccupations » portant sur le bafouement des libertés et valeurs prônées par l’UE...

La décision est politiquement symbolique. Le Parlement européen a dénoncé ce mercredi la menace « systémique » visant les valeurs de l’UE en Hongrie, et a activé une rare procédure qui pourrait conduire à des sanctions sans précédent contre Budapest.

C’est la première fois que le Parlement européen use de son droit d’initiative pour demander au Conseil (les Etats membres) de se prononcer sur la situation de l’Etat de droit d’un pays membre. Ce vote lance une longue procédure dont l’issue est incertaine mais qui peut en théorie mener à des sanctions à l’encontre de Budapest.

Le rapport de l’eurodéputée Judith Sargentini (Verts) établit une longue liste de « préoccupations » portant sur le bafouement des libertés et valeurs prônées par l’UE dans la presse, au sein des universités, contre les minorités, contre les migrants, mais aussi en matière de corruption et d’indépendance de la justice.

Violation des valeurs de l’UE

Le vote s’annonçait serré, étant donné les règles strictes auquel il était soumis : outre la simple majorité des voix (376), la résolution devait recueillir au moins les deux tiers des suffrages exprimés. Elle est finalement passée avec 448 votes pour et 197 contre (et 48 abstentions).

La résolution votée par le Parlement « invite le Conseil à constater s’il existe un risque clair de violation grave, par la Hongrie, des valeurs visées à l’article 2 du traité UE et à adresser à la Hongrie des recommandations appropriées à cet égard ».

Le débat précédant le vote a donné lieu à un âpre face-à-face entre le Premier ministre Viktor Orban, venu défendre « l’honneur » de son pays, et les parlementaires. Il n’a pas cherché à convaincre son auditoire, dont il estimait que l’opinion était « déjà faite ». Combattif et véhément, il a dénoncé une « vengeance » de ses opposants et martelé qu’il ne céderait à aucun « chantage ».

Une « petite vengeance » des « pro-immigration » selon Budapest

« Je n’accepterai pas que les forces pro-immigration nous menacent, fassent un chantage et calomnient la Hongrie sur la base de fausses accusations », a lancé le dirigeant ultra conservateur.

Ce n’est qu’une « petite vengeance des politiciens pro-immigration », a réagi le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto. « La décision d’aujourd’hui n’est rien de moins qu’une petite vengeance des politiciens pro-immigration contre la Hongrie », a déclaré le chef de la diplomatie à Budapest, à l’issue d’une réunion gouvernementale.

« La France a salué la position du parlement européen », a indiqué la présidence française, très critique sur la politique du Premier ministre hongrois Viktor Orban.

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