Tony Estanguet — ERIC PIERMONT / AFP

OLYMPISME

«Sans les JO, il y aurait un scénario plus difficile»... Estanguet parle du désengagement de l'Etat dans le sport

Tony Estanguet a fait part de sa satisfaction, un an après l'attribution des JO 2024 à Paris...

Jeudi, Paris fêtera le premier anniversaire de l’attribution des JO​ 2024. Après un an de travail, le président de Paris 2024, Tony Estanguet, dresse un bilan positif, même s’il partage « l’inquiétude du mouvement sportif » sur les baisses de moyens budgétaires dans le sport français.

Quel bilan tirez-vous un an après l’obtention des Jeux Olympiques ?

Je suis très heureux. On est vraiment sur de bons rails, les fondations sont posées. Après Lima, il a fallu terminer l’aventure de la candidature, avec au passage un petit excédent de 6 millions d’euros redistribués aux acteurs publics. On a gardé un mouvement sportif majoritaire dans le comité d’organisation des JO (COJO), tout en associant les acteurs publics et la société civile. On a travaillé sur la loi olympique et paralympique, qui est aussi un chantier important. Et à chaque étape on a élevé l’ambition.

La revue du projet nous a permis de stabiliser la maquette financière de l’argent public et d’améliorer l’héritage puisqu’il y aura neuf bassins (aquatiques, contre cinq auparavant). On vient de signer le « marketing plan agreement » avec le CIO, c’est la première fois qu’il inclura un volet paralympique. […] On veut marquer l’histoire de ce pays et on est pour l’instant sur de bons rails.

Pourtant, les acteurs du mouvement sportif s’inquiètent aujourd’hui d’un désengagement de l’Etat. Est-ce que vous partagez cette inquiétude ?

Oui je comprends cette inquiétude et je la partage. Je suis tout cela de très près. Je sais que c’est très compliqué. C’est moins mon rôle en tant que président de Paris 2024, d’être impliqué directement dans les relations entre l’Etat et le mouvement sportif. […] Peut-être que je me trompe, mais je crois que ce serait pire si on n’avait pas eu les Jeux, qu’il y aurait probablement un scénario plus difficile. Le fait qu’on ait les Jeux nous permet de sauvegarder au maximum l’implication des acteurs. On ne réussira pas l’enjeu d’un sport fort dans ce pays sans l’implication de l’Etat et en même temps, il faut admettre qu’il faut trouver des solutions, car le sport, comme d’autres secteurs d’activité, doit entrer dans les efforts de financement.

Si l’année 2018 a été l’année des fondations, de quoi sera fait 2019 ?

L’année 2019 c’est l’année de l’engagement, c’est l’année de la mobilisation. Ça veut dire aller sur le terrain, pour la semaine olympique et paralympique (en janvier), monter encore d’un cran, toucher encore plus d’écoles, encore plus d’enfants autour de la promotion des valeurs olympiques et paralympiques. L’enjeu de Paris 2024 c’est de mobiliser comme ça n’a jamais été fait. Je suis convaincu du pouvoir du sport pour susciter des vocations, changer la vie des personnes en situation de handicap, des personnes qui ont envie de retrouver confiance. Le sport est aussi une solution de santé publique. Cet effort va monter en puissance au cours des six prochaines années, mais mon objectif c’est que les premiers signaux de cette mobilisation soient patents dès 2019.

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