Le docteur Baptiste Beaulieu publie son quatrième roman — Julien Falsimagne/Leemaje/ Editions Fayard

INTERVIEW

Baptiste Beaulieu publie un nouveau roman: «J'ai découvert la plus belle histoire d'amour qui soit»

«20 minutes» publie en exclusivité un extrait du nouveau roman de Baptiste Beaulieu, «Toutes les histoires d'amour du monde»... 

Médecin et écrivain, Baptiste Beaulieu est aussi chroniqueur sur France Inter depuis la rentrée. Il est aussi connu pour ses coups de gueule sur les réseaux sociaux. Quand il ne pratique pas la médecine dans son cabinet toulousain, il passe son temps libre à écrire. Son quatrième roman, Toutes les histoires d’amour du monde, (éditions Mazarine) sort en librairie ces prochains jours.

L’histoire ? A la mort de son grand-père, il découvre trois mystérieux carnets adressés à une inconnue du nom d’Anne-Lise Schmidt. Il lance un appel pour la retrouver à travers une magnifique histoire d’amour. 20 Minutes publie en exclusivité le premier chapitre et en a profité pour poser quelques questions à Baptiste Beaulieu.

Comment vous est venue l’idée de ce roman ?

J’ai trouvé trois vieux carnets dans lesquels mon grand-père racontait sa vie. Cela a été un double choc, personnel et familial : d’abord parce que c’était plutôt quelqu’un de taiseux qui ne s’épanchait pas et ensuite, parce que j’ai découvert qu’il avait vécu la plus belle histoire d’amour qui soit… Sauf que ce n’était pas avec ma grand-mère. Évidemment, il a fallu faire un gros travail de réécriture derrière car ce n’était pas un écrivain.

Dans le livre, la maladie est très présente, c’est le lien avec votre profession de médecin qui fait ça ?

La question s’est posée de couper certains passages, en particulier celui sur le cancer qui affecte l’un des personnages au début du livre. Mais la maladie dit aussi la réalité d’un corps malmené dans les années d’avant-guerre. Un corps qui boit, fume et finit par mourir dans d’atroces souffrances. D’autant que les traitements médicaux étaient encore balbutiants. Pour traiter les tumeurs, les médecins posaient des morceaux de radium directement sur les plaies. Cela en dit énormément sur la médecine à l’époque.

Dix ans après avoir commencé à exercer la médecine, est-ce que votre regard sur la profession a changé ?

Pendant nos études, on a tendance à croire que les médecins peuvent tout guérir. Quand on commence à exercer, la réalité nous rattrape : bien sûr, on arrive à guérir certains patients, heureusement d’ailleurs mais il y en a aussi beaucoup qui ne réagissent pas aux traitements et qui meurent.

Vous êtes très présents sur les réseaux sociaux ?

En une dizaine d’années, j’ai aussi vu les réseaux sociaux franchir la barrière de la médecine. Des médecins mais aussi des étudiants en médecine se mobilisent pour faire évoluer les pratiques. C’est aussi un espace d’expression privilégié. Si j’avais pu m’exprimer sur Twitter pour partager mes doutes et mes peines comme c’est le cas parfois, j’aurais sans doute moins pleuré.

A l’époque, en tant que médecin et gay, c’était difficile de répondre aux remarques homophobes notamment envers les patients LGBT. J’avais l’impression d’être en minorité. Ce n’est plus le cas. Si on me disait ça aujourd’hui, je me sentirais soutenu par toute une communauté LGBT et des soignants présents sur les réseaux.

Pensez-vous que vous allez réussir à trouver l’amoureuse de votre grand-père ?

Oui car j’ai écrit ce livre pour cette raison. D’ailleurs, les lectrices et les lecteurs sont invités à m'aider à la retrouver. Anne-Lise Schmidt aurait 73 ans aujourd’hui, et je souhaite vivement la voir pour finir l’histoire. Souvent, j’imagine nos retrouvailles, on se verrait, on tomberait dans les bras l’un et l’autre et on pleurerait ensemble. Je sais, je suis très sentimental. Mais ce serait réellement magnifique, non ?

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Toutes les histoires d’amour du monde, Publié par les éditions Mazarine

 

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