En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation des cookies afin de vous proposer du contenu, des services et des publicités personnalisés selon vos centres d’intérêts.

Pour en savoir plus consultez notre politique de protection des données personnelles.

Le policier, blessé samediau genou, s'est présenté à l'audience — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

DECISION

«Gilets jaunes» à Grasse: Six mois de prison avec sursis pour le conducteur qui a renversé un policier

Les faits pour lesquels il était poursuivi ont été requalifiés de violences volontaires en violences involontaires…

  • Samedi matin à Grasse, un automobiliste a renversé un agent de police après avoir tenté de forcer un barrage des « gilets jaunes ».
  • L’homme de 41 ans a été jugé en comparution immédiate ce lundi et condamné à six mois de prison avec sursis et 3.000 euros d’amende.
  • Les faits pour lesquels il était poursuivi ont été requalifiés de violences volontaires en violences involontaires.

C’est « la peur de [se] faire lyncher » qui l’aurait fait accélérer samedi matin. L’homme de 41 ans qui a renversé un policier après avoir tenté de forcer un barrage des « gilets jaunes » à Grasse, a été condamné ce lundi soir à six mois de prison avec sursis et 3.000 euros d’amende. Les faits pour lesquels il était poursuivi, ont été requalifiés de violences volontaires sur une personne dépositaire de l’autorité publique en violences involontaires.

Le mécanicien, qui redoutait en ce premier jour du mouvement des « gilets jaunes » « d’arriver en retard à [son] travail », un magasin de motos de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), est apparu dans le box des accusés tremblant de tout son corps. « J’implore [le] pardon » du policier a-t-il plusieurs fois répété, expliquant avoir « paniqué ».

« M’extirper de là avant de me faire passer à tabac »

Alors qu’il s’était engagé en contresens dans un rond-point, pour essayer de contourner le blocage, le quadragénaire, victime d’un AVC en 2014, s’était retrouvé encerclé par plusieurs dizaines de manifestants, selon les témoignages.

« Il y avait des insultes, des coups sur le véhicule et à travers la vitre côté passager qui était restée ouverte. J’ai cru que j’allais me faire lyncher, a-t-il décrit. J’ai avancé pour essayer de me débarrasser de cette emprise. Il y avait du jaune partout, je n’ai pas vu les policiers, j’ai eu peur, je voulais m’extirper de là avant de me faire passer à tabac. »

Un agent, qui avait approché du véhicule pour calmer la situation, était alors sur son chemin. Heurté par la voiture, le fonctionnaire s’est retrouvé sur le capot, accroché aux essuie-glaces sur plusieurs mètres avant de retomber sur le bitume.

« Il a créé la situation dans laquelle il s’est lui-même retrouvé »

Blessé au genou gauche, l’agent de police nationale s’est présenté à l’audience avec une béquille. « Ça a été très violent. J’étais là pour porter secours et je me suis dit que je n’avais pas mérité de me retrouver là », a-t-il expliqué, dénonçant le « comportement intolérable » du conducteur. « Il a créé la situation dans laquelle il s’est lui-même retrouvé ».

« La France entière était au courant qu’il y avait des manifestations. Il ne pouvait pas l’ignorer. Il n’a pas supporté d’être ralenti dans une manifestation qui était pacifiste. Il y a bien eu des violences volontaires en toute connaissance de cause », a renchéri la procureure, qui a réclamé la peine finalement prononcée.

« Ce barrage n’était ni organisé, ni autorisé, ni annoncé en préfecture. Il y a eu un mouvement de panique, a répondu l’avocate de l’automobiliste Me Aurélie Jourde, qui a de son côté plaidé pour que les faits soient requalifiés en violences involontaires. Ce que le tribunal correctionnel de Grasse a reconnu.

 

À la une