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Eric Drouet, lors d'une manifestation des "gilets jaunes" le 22 décembre 2018 à Paris. — Yann Bohac/SIPA

GARDE A VUE

VIDEO. «Gilets jaunes»: La police pouvait-elle arrêter Eric Drouet alors qu’il voulait allumer des bougies?

Eric Drouet, figure controversée des « gilets jaunes », a été interpellé mercredi soir à Paris alors qu’il voulait rendre hommage aux victimes du mouvement…

  • Eric Drouet a été placé en garde à vue pour « organisation d’une manifestation sans déclaration préalable ».
  • Il a été arrêté, mercredi soir, alors qu’il souhaitait, avec des soutiens, allumer des bougies place de la Concorde, en hommage aux victimes du mouvement des « gilets jaunes ».
  • Son avocat a dénoncé une arrestation « totalement injustifiée et arbitraire ».

« Honte à vous ! » « Dictature ! » « Salops ! » Evidemment, les noms d’oiseaux ont plu sur les policiers. Evidemment, cela ne les a pas empêchés d’embarquer Eric Drouet. La figure controversée des « gilets jaunes » a été placée en garde à vue, mercredi soir, alors qu’elle se dirigeait vers la place de la Concorde, proche de l'Elysée à Paris. Le chauffeur routier de 33 ans, accompagné de quelques soutiens, avait l’intention d’y allumer des bougies en hommage aux victimes du mouvement populaire.

Rapidement, Khéops Lara, son avocat, a dénoncé, dans un communiqué, une arrestation « totalement injustifiée et arbitraire ». Sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, a, de son côté, évoqué une « police politique » et un « abus de pouvoir ». 20 Minutes explique pourquoi la police avait pourtant le droit de l’arrêter.

Quelle est la situation d’Eric Drouet ce jeudi matin ?

Peu avant midi, le parquet de Paris a confirmé à 20 Minutes que cette figure des « gilets jaunes » était toujours en garde à vue pour des faits « d’organisation d’une manifestation sans déclaration préalable ». Cette garde à vue peut durer 24 heures, soit jusqu’à ce jeudi soir et, éventuellement, être renouvelée pour 24 heures supplémentaires, soit jusqu’à vendredi soir.

Pouvait-il être arrêté pour un tel motif ?

Oui. Les forces de l’ordre s’appuient sur l’article L211-1 du Code de la sécurité intérieure. Il date de 1935 mais a été modifié en 2012. Il stipule que « sont soumis à l’obligation d’une déclaration préalable tous cortèges, défilés et rassemblements de personnes, et, d’une façon générale, toutes manifestations sur la voie publique. » Un texte suffisamment flou pour permettre l’arrestation de n’importe qui lors d’un rassemblement non déclaré sur la voie publique.

Invité de BFM TV, ce jeudi matin, le secrétaire d’État Olivier Dussop a réagi en invoquant la défense de l’ordre républicain. « Lorsqu’on ne respecte pas les règles, il est normal de rendre compte », a-t-il estimé.

« Derrière ce vomi policier, médiatique et politique déversé sur Eric Drouet, ce sont les hommes et femmes de "la France d’en bas" qu’on insulte », a commenté pour sa part Kheops Lara, son avocat.

Que risque-t-il exactement ?

L’article 431-9 du Code pénal prévoit une peine maximale de six mois d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende pour avoir organisé une manifestation n’ayant pas fait l’objet d’une déclaration préalable. Pour être légale, la manifestation aurait dû être déclarée à la mairie de Paris au moins trois jours francs avant de se tenir et signée par trois organisateurs domiciliés dans le département. Ils auraient également dû indiquer le but du rassemblement et l’itinéraire proposé. Eric Drouet n’avait appelé à cette initiative que sur Facebook.

Déjà arrêté porteur d’une sorte de matraque le 22 décembre lors d’un samedi d’action des « gilets jaunes », il doit comparaître le 5 juin devant le tribunal correctionnel de Paris pour « port d’arme prohibé de catégorie D ». Un délit pour lequel il encourt une peine d’un an de prison et 15.000 euros d’amende.

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