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Geneviève Legay avant la charge des policiers, samedi à Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

ENQUETE

Geneviève Legay: La cour de cassation saisie, «on ne peut qu’espérer un grand nettoyage», réagit son avocat

La demande de dépaysement de l’enquête sur les blessures de la manifestante a été transmise à un magistrat de la plus haute juridiction

  • La demande de dépaysement de l’enquête sur la chute de Geneviève Legay a été transmise au procureur général de la cour de cassation.
  • Me Arié Alimi, l'avocat de la manifestante de 73 ans, croit y voir la perspective « d’un grand nettoyage » après le départ annoncé du préfet des Alpes-Maritimes.

La première demande de dépaysement avait été refusée. La deuxième, toujours déposée par l’avocat de Geneviève Legay, a été transmise ce jeudi par le procureur général d’Aix-en-Provence à son homologue à la Cour de cassation, le seul à pouvoir désormais statuer. Me Arié Alimi, qui dénonce un manque d’objectivité du parquet de Nice dans l’enquête sur la chute de la manifestante, le 23 mars lors d’une charge de la police pour éloigner des « gilets jaunes », croit y voir la perspective « d’un grand nettoyage ».

La décision d’un dépaysement de l’information judiciaire ouverte à Nice pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » est donc entre les mains d’un magistrat de la plus haute juridiction. Il pourrait se prononcer dans les prochains jours sur cette requête « aux fins de renvoi dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice ».

« J’espère que le procureur ne va pas rester très longtemps »

« Il y a eu d’abord le départ annoncé du préfet des Alpes-Maritimes [sa nomination en Seine-Saint-Denis a été actée en conseil des ministres mercredi] contre qui nous avons déposé plainte nommément. Et nous avons, désormais, cette décision préalable qui n’est pas anodine pour la suite des événements, s’est réjoui le conseil de la septuagénaire, interrogé par 20 Minutes. On ne peut qu’espérer un grand nettoyage. »

Et Me Arié Alimi d’enfoncer le clou. « J’espère que Jean-Michel Prêtre [le procureur de Nice] ne va pas rester très longtemps. Tout comme le commissaire en charge du dispositif ce jour-là, et la compagne de ce dernier [cheffe de la Sûreté départementale des Alpes-Maritimes], chargée de l’enquête. » La mise en lumière de ce possible conflit d’intérêts, en début de semaine, a donné du grain à moudre à l’avocat.

La Sûreté départementale « était vraiment le service indiqué »

Sollicité ce jeudi par 20 Minutes, le procureur de la République de Nice confirme que la sûreté départementale « était vraiment le service indiqué dans ce cadre-là », celui d’une enquête technique en recherche des causes de blessures. Une décision qui n’était « pas illogique » non plus pour le procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence Robert Gelli, interrogé par l’AFP.

« Par ailleurs, Me Alimi n’a pas à gérer l’organisation de la magistrature. Mais, il est dans sa ligne de défense. C’est sa manière de défendre les intérêts de ses clients », a également réagi Jean-Michel Prêtre.

Geneviève Legay souffre de plusieurs côtes cassées et de fractures au crâne, suite à « l’action d’un policier » qui avait précipité sa chute lors d’une manifestation interdite de « gilets jaunes » à Nice, avait conclu le procureur de Nice, à la lumière de nouvelles images. Dans un premier temps, le représentant du parquet avait écarté cette hypothèse.

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