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Natasha St-Pier sort un nouvel album spirituel, « Croire », vendredi 14 août — Thomas Braut

INTERVIEW

« Allier mon côté chanteuse populaire à la spiritualité, c'est très agréable », confie Natasha St-Pier

« 20 Minutes » s’est entretenu avec Natasha St-Pier qui sort ce vendredi son troisième album spirituel, « Croire »

  • Natasha St-Pier sort son nouvel album Croire ce vendredi 14 août. Il sera composé des poèmes de Sainte Thérèse de Lisieux, des textes de Mère Teresa et d’hommages à la Vierge Marie.
  • Cet album sera le troisième opus spirituel de la chanteuse après Thérèse, Vivre d’amour (2013) et Thérèse de Lisieux, Aimer c’est tout donner (2018)
  • Un disque autour « de l’amour, du don de soi, de la générosité, des émotions du cœur » abordé par Natasha St-Pier pour 20 Minutes

« Divertir les gens mais avec un supplément d’âme. » Natasha St-Pier prolonge sa profession de foi avec la sortie de l’album Croire ce vendredi – à la veille du 15-Août. Après deux opus spirituels Vivre d’amour et Aimer c’est tout donner, la chanteuse remet à l’honneur sainte Thérèse de Lisieux et rend également hommage à la Vierge Marie et à Mère Teresa.

Elle défendra prochainement ces nouvelles chansons dans une tournée des églises de France, de Belgique et de Suisse – près de cent dates sont annoncées. Ce jeudi, la chanteuse se produit, devant une assemblée restreinte et masquée, au sanctuaire Notre-Dame de  Lourdes dans le cadre du Pèlerinage national et de l’Assomption. « Pour la sortie d’un album qui parle de la Vierge Marie, se retrouver à Lourdes c’est un des meilleurs endroits dont on pouvait rêver », confie Natasha St-Pier à 20 Minutes.

Qu’est ce qui vous a motivé à investir une nouvelle fois le registre spirituel ?

J’ai l’impression que ce que je dis parle aux gens. Je parviens à faire mon travail, celui de divertir mais avec un supplément d’âme. C’est très agréable d’avoir l’impression de parler au public en profondeur.

De quelle manière le public a-t-il vécu ce changement dans votre carrière ?

Ceux qui se sont retrouvés dans les morceaux continuent de me suivre, les autres vont peut-être aller vers autre chose. C’est aussi ça la musique : un artiste nous accompagne à un moment de notre vie, certaines relations durent, d’autres sont plus courtes. On ne peut pas faire une musique dans le but de fidéliser un auditoire, ce serait penser que les gens n’évoluent pas.

Pourquoi avoir choisi particulièrement des textes de Thérèse de Lisieux ?

C’est Grégoire qui m’a proposé de faire Vivre d’Amour, mon premier album spirituel [sorti en 2013] composé des poèmes de sainte Thérèse de Lisieux. Je me suis laissée embarquer dans ce projet sans savoir ce que j’allais y trouver. La vision de Thérèse me plaît beaucoup. Dans ce nouvel album, je perpétue ce mode de pensée très thérésien autour de l’amour, du don de soi, de la générosité, de ces émotions du cœur. Dans un monde très compétitif, il est agréable de prendre le temps de s’arrêter et de se dire que ce que l’on fait est bien, que l’on a fait de son mieux. Finalement, je découvre un lieu dans lequel je me sens bien et au sein duquel j’ai envie de continuer d’évoluer.

Thérèse, Mère Teresa, Marie… Vos inspirations sont essentiellement féminines, comment expliquez-vous cela ?

Les femmes sont en effet le fil rouge de cet album. Entre ma mère, mère Teresa, moi, ce dont on parle c’est la capacité d’abnégation, de résilience, d’amour des femmes. Des qualités très maternelles en fait. En fait, je suis pour l’égalité des sexes mais je trouve qu’en voulant allant vers cette égalité, on bascule également vers une masculinisation de la femme. Moi, je n’ai pas envie de transformer la femme, je pense que ces qualités féminines en font sa force et que, finalement, nous sommes complémentaires.

Pourquoi avoir choisi des religieuses comme mentors ?

Mère Teresa est une religieuse mais je l’ai choisie parce qu’elle évoquait la maternité, sans être une mère au sens biologique. Je pensais que cela pourrait parler à toutes ces femmes qui ont en elle cette fibre maternelle mais n’ont pas d’enfants. Je parle de ma maman, qui n’est pas une religieuse. Je parle de moi en tant que mère et je ne suis pas religieuse non plus. Je parle de Marie également : si l’on veut trouver une icône de la mère, celle capable de tout accepter sans agressivité, sans se rebeller dans la quintessence de ces qualités dont je parlais toute à l’heure, on pense alors à Marie. Ces femmes, je les trouve inspirantes et c’est pour cela que je les propose.

Vous parliez d’abnégation, de résilience. Il semble que vous ayez eu une certaine prise de conscience dans votre parcours via, notamment, ce changement de registre, est-ce le cas ?

C’est surtout le hasard. Si Grégoire n’était pas venu me voir pour le premier album, je ne sais pas où je serais aujourd’hui. Simplement, je me suis sentie en adéquation avec moi-même. Le fait de pouvoir allier mon côté chanteuse populaire et la spiritualité, qui est au cœur de mon quotidien, de faire de ces deux personnages une seule entité, je trouvais ça très agréable.

Vous parlez de la spiritualité à distinguer de la religion, quelle est la différence selon vous ?

Des religions, il y en a plusieurs. Une religion c’est un système codifié. Les religieux sont des spirituels qui vont croire en des dieux différents mais en des valeurs semblables. Aujourd’hui, les gens n’ont plus de spiritualité car qui dit « Etat laïque » dit « Etat non religieux ». Or, « non religieux » ne signifie pas sans spiritualité. Ce qui manque aux gens ainsi, c’est cette touche d’humanité. C’est cet amalgame-là qui me dérange : cela crée des personnes qui pensent essentiellement à des choses terriennes, immédiates, des bonheurs à court terme, qui ne nous ancrent pas, finalement. Et, j’ai l’impression que le mot religion nous met dans des cases alors que celui de « spiritualité » non.

« Des cases… », pensez-vous qu’on peut s’assumer catholique dans le paysage musical et médiatique aujourd’hui ?

Cela dépend de la manière dont on le fait. Si mon but était d’évangéliser les gens alors, oui, je me mettrais dans une case. Je préfère proposer quelque chose qui m’apaise, des modes de pensées qui sont issus de personnages religieux. Dès lors, je m’accroche davantage à ce qu’ils ont fait qu’à ce qu’ils sont au sein de l’Eglise catholique. C’est ce que j’aime proposer : une spiritualité, une foi, une croyance en un dieu, en soi-même, peu importe. L’important est de s’apercevoir que l’on n’est pas essentiellement des êtres de chair et d’os, que l’on a une conscience et d’essayer de nourrir cette autre dimension.

L’album s’appelle « Croire ». Vous, en quoi croyez-vous profondément ?

En beaucoup de choses ! Je crois en moi, en la médecine qui a sauvé mon fils [né avec une malformation cardiaque, il a dû subir une opération à l’âge de 4 mois], en un Dieu, en ma famille. Je crois en l’avenir de l’Homme, à sa capacité de se renouveler et de se dépasser. J’ai envie de croire en l’avenir. Pour moi la foi est assez proche de l’espoir : c’est croire en quelque chose sans certitude aucune. L’espoir aussi c’est penser que quelque chose va arriver sans en avoir la conviction. La foi c’est l’espoir.

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