La Fonderie de Bretagne, usine Renault située à Caudan, dans le Morbihan, est bloquée par des salariés. — Maxime Le Pihif/SIPA

CONTESTATION

Bretagne : La direction d’une fonderie de Renault retenue par des salariés à l’intérieur de l’usine

Le site est bloqué par des salariés inquiets de l’avenir de la Fonderie de Bretagne

Ils ne digèrent pas la mise en vente de leur usine. Encore moins le traitement qu'ils subissent depuis plusieurs mois. A Caudan, dans le Morbihan, des salariés bloquent la Fonderie de Bretagne, depuis ce mardi matin, que Renault cherche à vendre.

Une centaine de salariés paralysent l’accès à l’usine, empêchant la direction de sortir. « On bloque depuis 10 heures parce qu’il ne se passe absolument rien, notre avenir s’assombrit. Cinq personnes de la direction sont à l’intérieur, elles ne sortiront pas tant que nous n’aurons pas de réponse, jusqu’à ce que quelqu’un décide de notre sort et qu’on nous laisse travailler », a déclaré Maël Le Goff, secrétaire général CGT de l’usine, qui emploie 350 salariés.

Condamnation de Renault

L’équipe du matin aurait cherché à rencontrer le directeur du site. « Aucune discussion n’est possible et elle a décidé de ne pas reprendre le travail. Malheureusement on a dû en arriver là alors qu’hier on bossait, c'est eux qui nous ont poussé à bout », a renchéri Eric Blanchier, élu CGT. « Il n’y a pas de séquestration », a précisé de son côté le maire de Caudan, Fabrice Vély.

La direction du constructeur automobile Renault a condamné, ce mardi soir, le blocage, appelant à un « retour au calme immédiat ». « Un groupe de salariés de la Fonderie de Bretagne retient actuellement sept membres de l’entreprise au sein du site de Caudan. Renault Group condamne fermement ces agissements, appelle à la levée du blocage et à un retour au calme immédiat », indique un bref communiqué du groupe, précisant que « la recherche d’un repreneur suit actuellement son cours afin de maintenir les activités du site et d’assurer la pérennité des emplois ».

Les salariés se sentent « oubliés » du fonds de soutien

Les salariés demandent leur maintien au sein du groupe Renault, qui a annoncé le 11 mars la mise en vente de l’usine afin de « pérenniser les activités et les emplois ». Le gouvernement a annoncé lundi un fonds de 50 millions d’euros pour accompagner la reconversion des salariés du secteur automobile, dont les fonderies en grande difficulté. Un plan dont les salariés de Caudan « se sentent oubliés », selon la CGT.

Installée près de Lorient depuis 1965, la Fonderie de Bretagne fabrique des bras de suspension, des collecteurs et coudes d’échappement, ainsi que des différentiels de boîte de vitesses. Déjà en difficulté, et plombé par la crise sanitaire, Renault avait annoncé début 2020 un plan d’économies de plus de 2 milliards d’euros sur trois ans, qui prévoit 4.600 suppressions d’emplois sur 48.000 en France, et plus de 10.000 hors de France. Il a annoncé début 2020 un milliard d’économies supplémentaires. Pour traverser la crise, le groupe a également eu droit à un prêt bancaire de 5 milliards d’euros garanti par l’Etat français.

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