Une dispute s'est achevée par deux tirs de Taser et par un mort, dans la nuit de lundi à mardi, à Colombes (Hauts-de-Seine). La victime, décédée après une intervention policière, était un Malien de 38 ans, prénommé Mamadou. Ce sans-papiers aurait paniqué à la vue des forces de l'ordre, allant jusqu'à frapper plusieurs policiers et à fuir dans la cage d'escalier. Ce drame repose la question de la dangerosité du pistolet électrique (lire ci-dessous) qu'utilise la police nationale depuis 2004.
« Il a pété un plomb »
Tout commence vers 23 h, dans une petite résidence HLM de la rue Gabriel-Péri. Edouard et Mamadou, colocataires depuis un an, s'invectivent violemment. C'est Edouard qui le raconte, le lendemain, en bas de chez lui, choqué par les événements de la veille. « Il était malade, il ne prenait pas ses cachets, raconte cet homme d'une cinquantaine d'années. Ce soir-là, il a pété un plomb. Il a pris un couteau. J'ai appelé la police. » A son arrivée, la situation empire.
En situation irrégulière, Mamadou prend peur. Il saisit un ustensile de cuisine, tente de frapper un policier. Les forces de l'ordre appellent des renforts. Mamadou fuit à l'étage du dessous. Pour tenter de le maîtriser, ils tirent une première fois au Taser. Mamadou continue de frapper. Les policiers tirent une deuxième fois. Mamadou est enfin appréhendé. Mais il fait un malaise dans l'ascenseur qui le descend vers le fourgon et meurt deux heures plus tard. A Colombes, les voisins avaient du mal à croire qu'un homme si calme ait nécessité l'usage d'une telle arme pour être maîtrisé.
Hier, Brice Hortefeux, le ministre de l'Intérieur, a déclaré que « la seule alternative au Taser, c'est l'arme à feu ». C'est la première fois qu'une personne décède en France après l'utilisation d'un Taser.