La justice française repose sur une procédure présentée, notamment au pénal, comme « écrite, secrète et non contradictoire »*. C’est au juge d’instruction de réunir les preuves de la culpabilité du mis en examen. On parle ainsi de « procédure inquisitoire ». Selon Christophe Ayela, avocat français, « ce modèle est dangereux car il est soumis à l’arbitraire d’un juge. Si ça se passe mal comme à Outreau, l’avocat de la défense est impuissant ». Chritsophe Ayela est un des rares avocats français qui pratiquent la « cross examination » à l’américaine, le contre-interrogatoire des témoins lors du procès**. Autorisée en France depuis la loi Guigou de 2000, cette « petite révolution » reste peu usitée dans les prétoires. « Certains avocats le font depuis des années sans le savoir. Mais beaucoup rechignent, par blocage culturel ou parce que cette technique nécessite une maîtrise parfaite du dossier. Il est rare également que le président de l’audience laisse parler les avocats, surtout lors d’audiences correctionnelles », explique l’avocat. * Dictionnaire de la justice, PUF. ** Vérités croisées, Litec.
réaction Pour le syndicat FO-Magistrats, les réformes que provoquera Outreau, vont « aboutir à l’affaiblissement de l’institution judiciaire ».