Que peut-on craindre pour les espaces naturels et la biodiversité après un tel séisme doublé d’un tsunami?
Il faut bien prendre conscience que l’on parle de vagues d’une hauteur de 5 à 10 mètres, les dégâts seront considérables. Un des pays les plus touchés dans l’histoire récente a été le Chili en 1960 avec un séisme d’une amplitude de 9,1, nous en sommes donc très proches. A l’époque des plages avaient été détruites, des rochers broyés. Le sol avait bougé à tel point que des bancs d’huîtres qui se situaient sous la mer avaient été retrouvés trois ou quatre mètres au-dessus du niveau de la mer, à l’inverse d’autres zones avaient été englouties. Des bancs entiers d’animaux avaient été emportés hors de l’eau. On peut craindre des disparitions, provisoires, d’espèces à certains endroits. Il faut s’attendre à un changement du paysage dans certaines zones.
Justement quelles zones risquent de payer le plus lourd tribut?
Il est trop tôt pour le dire, mais après le tsunami au Chili, la vague était allée s’écraser jusque sur l’île de Pâques, 5.700 km plus loin, faisant d’importants dégâts également. Il y aura des conséquences sur de très grandes distances. Avec cette différence, de taille, que dorénavant il existe des systèmes d’alerte permettant de suivre le parcours de la vague et de prévenir les populations plusieurs heures avant de son arrivée.
Le bilan humain devrait donc être limité?
Rien n’est moins sûr. Il faut notamment se méfier d’un terrible phénomène: le retour de la vague. Quelques heures après le passage de la première vague, l’eau se retire, mais une seconde vague peut venir de nouveau s’écraser sur les plages. Par ailleurs nous sommes quand même sur une zone de population très dense, le bilan pourrait donc être lourd.
Et après? Comment la nature peut-elle se remettre d’un tel raz-de-marée?
Il sera très important que l’homme ne rajoute pas de la pression d’exploitation là où les dégâts auront été les plus importants, car cela empêcherait véritablement les éco-systèmes de se régénérer.