Cécile de France et Thomas Doret. — DIAPHANA

CINEMA

Festival de Cannes: «Ça demande du travail de capter l'essence de la vie», estime Cécile de France

L'actrice détaille la méthode des frères Dardenne dans leur nouveau film «Le gamin en vélo»...

De notre envoyé spécial à Cannes

L'actrice belge tourne pour la première fois sous la direction de ses compatriotes Luc et Jean-Pierre Dardenne dans «Le gamin en vélo». Et eux tournent pour la première fois avec une actrice connue. Cécile de France peut ainsi poser un regard expert sur la méthode de travail des frères. Décryptage.

C'est comment, une journée de tournage avec les frères Dardenne?
Fatigant ! On a l'impression que c'est tourné à l'arrache, mais tout est réfléchi, minutieusement préparé. Ils ont un vrai talent pour faire croire qu'ils filment la vie avec désinvolture. Mais capter l'essence de la vie, ça demande du travail…

Pour les comédiens aussi? Que vous ont-ils demandé?
De ne jamais en rajouter, afin qu'on ignore ce qui motive cette coiffeuse à vouloir aider le jeune orphelin qu'elle croise sur son chemin. C'est difficile, car ça demande de procéder par effacement, alors qu'on voudrait justifier ses sentiments. Mais les frères ne veulent pas de ça. Ils refusent toute psychologie.

Ce qui se traduit de quelle façon?
Quand je dis «au revoir» à cet enfant, au début du film, je dois être catégorique et sans espoir, car on n'a aucune raison de se revoir. Dans d'autres films, il y aurait des indices pour faire comprendre qu'on finira bien par se retrouver.

Comment les frères se sont-ils comportés avec votre partenaire?
Comme avec un petit adulte, dans un rapport d'égal à égal. Sauf que Thomas, c'était une page blanche. Il n'avait rien à effacer, il faisait ce qu'on lui demandait...

  

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Lumineux

Les frères Dardenne fidèles à eux-mêmes, en mieux. Le Gamin au vélo, dont le jeune héros fait penser au Jean-Pierre Léauddes 400 Coups, tord le cœur du spectateur avant de le combler de bonheur. En salle ce mercredi.

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