Le centre médical ultra-moderne Aspetar se trouve au coeur du complexe sportif Aspire à Doha, la capitale du Qatar. — F.Al-Assaad/Reuters

REPORTAGE

Aspetar: La nouvelle merveille de la médecine sportive se trouve au Qatar

Voilà à quoi pourrait ressembler l’hôpital du sport du futur...

De notre envoyé spécial à Doha (Qatar)

Florentino Perez n’est pas homme à se déplacer pour rien. Dans l’entrée du centre médical Aspetar, le premier hôpital du Golfe spécialisé en orthopédie et médecine du sport, le président du Real Madrid a l’air très affairé. Sitôt arrivé, il entame donc au pas de charge la visite d’un lieu exceptionnel.

Située au cœur de la zone Aspire, un quartier de Doha au faux air de village olympique, où se situent aussi l’académie Aspire, chargée de former les futurs talents qataris de demain, une tour/hôtel de luxe judicieusement appelée torche et le plus grand stade couvert du monde, l’hôpital Aspetar est une curiosité dans le sport mondial. «Ce projet consacre à la médecine du sport une place inimaginable ailleurs, explique le professeur Gérard Saillant, chirurgien orthopédiste de renommée mondiale, qui se rend à Doha une dizaine de jours par mois. L’avantage d’être dans un petit pays géographiquement parlant, c’est qu’il y a très peu d’échelons entre la base et le sommet, ce qui permet d’être beaucoup plus efficace.»
 

Hakim Chalabi: le médecin chef des All-Blacks doit nous rejoindre prochainement»

Au sein d’infrastructures de premier ordre, le Français Hakim Chalabi, directeur du centre et ancien médecin du PSG, fait venir «les meilleurs dans chaque domaine» pour offrir la meilleure prise en charge possible: «le chef médical de l’équipe d’Angleterre d’athlé, le physio de l’Inter Milan pendant dix ans… Et le médecin chef des All-Blacks doit nous rejoindre prochainement.» Le name-dropping du docteur Hakim, comme il est appelé à Doha, donne le tournis.
 
«Ici, en deux jours, je peux voir tous les spécialistes. En France, cela me prendrait des semaines», explique un ancien sportif français croisé dans les couloirs. De plus en plus de sportifs de premier plan font d’ailleurs des séjours plus ou moins discrets à Doha pour profiter de ces soins haut de gamme. 
 
Mais le bâtiment, devenu en 2008 centre médical d'excellence de la Fifa, n’est pas seulement un hôpital de luxe pour les meilleurs sportifs du monde. Il est aussi chargé de l’ensemble de la médecine sportive du pays et, à ce titre, passe au crible tous les sportifs du Qatar. Au début de la saison, tous les joueurs du championnat local (où évoluent notamment Nadir Belhadj et Mamadou Niang) sont passés au crible. De quoi constituer des bases de données exceptionnelles. «Si vous voulez être le meilleur dans la prise en charge, vous devez être le meilleur dans la recherche et dans l’éducation. Si vous n’avez pas les trois piliers, vous vous cassez la gueule», résume Gérard Saillant.  De quoi donner des idées à Florentino Perez.
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